Réduire la dépendance des États-Unis aux combustibles fossiles est essentiel pour de multiples raisons. Au-delà du freinage des changements climatiques catastrophiques, ces politiques bien conçues favorisent des communautés équitables et résilientes, protègent la biodiversité et améliorent la santé publique.
Des climatologues du groupe de recherche indépendant Resources for the Future (RFF) ont publié une analyse prévoyant les améliorations sanitaires si les États-Unis atteignent les objectifs climatiques fixés par le président Biden pour 2030 : une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50 à 52 % par rapport aux niveaux de 2005.
Les experts de RFF se sont concentrés sur les particules secondaires issues des combustibles fossiles (dioxyde de soufre, oxydes d'azote, ammoniac), qui aggravent l'asthme ou causent des morts prématurées chez les patients cardiaques et pulmonaires. Environ 50 000 Américains en meurent chaque année.
L'étude révèle que ces mesures pourraient sauver 3 800 vies par an d'ici 2030 et générer 33 milliards de dollars d'économies en coûts de santé à l'échelle nationale.
"Ces actions climatiques, qui ne ciblent pas directement la santé publique, pourraient sauver jusqu'à 3 800 vies par an d'ici 2030", explique Maya Domeshek, analyste senior chez RFF.
Les bénéfices seraient maximaux dans les États du Midwest et de la côte Est dépendants du charbon. La décarbonation du secteur électrique – éliminant 2,7 millions de tonnes de CO2 – éviterait 2 645 décès. Les secteurs des transports et industriels offrent les meilleurs ratios bénéfices/santé par tonne de CO2 réduite.
Bien que les effets positifs sur la santé soient connus, cette étude lie directement ces gains à l'objectif de l'administration Biden. Les chiffres sont probablement sous-estimés et s'accumuleront avec le temps.
L'analyse ne traite pas en profondeur la justice environnementale : ces polluants touchent de manière disproportionnée les communautés de couleur, même si la pollution fine diminue globalement.
À l'échelle nationale, les bénéfices air/santé sont équitables par démographie et revenu, mais des disparités locales pourraient émerger dans des études plus fines.
"Notre échelle est trop large pour répondre pleinement à la justice environnementale, qui opère au niveau sub-comtéal", note Domeshek.
Au-delà du climat, sauver des milliers de vies et des milliards constitue une raison impérieuse de verdir l'économie.