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Pourquoi les parcs nationaux américains interdisent feux d'artifice, vélos électriques et activités polluantes

Alors que restaurants, bars et voyages internationaux étaient limités pendant la pandémie, de nombreux Américains se sont tournés vers les parcs nationaux pour des moments de réconfort et d'aventure. Certaines aires protégées subissent désormais une pression accrue due à la demande de loisirs de plein air.

Au cours des dernières années, le National Park Service (NPS) a restreint diverses activités récréatives pour limiter l'impact humain sur les environnements naturels. Récemment, l'agence a rejeté une demande du gouverneur du Dakota du Sud pour des feux d'artifice le 4 juillet au mont Rushmore, invoquant l'opposition tribale et les risques d'incendie.

Cette décision s'inscrit dans une série de mesures visant à réguler randonnées, vélos et survols touristiques. Ces restrictions devraient se multiplier face aux pressions humaines et climatiques, selon Robert Manning, expert en parcs et loisirs de plein air à l'Université du Vermont.

"C'est décevant à chaque fois que le NPS doit limiter l'accès aux parcs", explique Manning. "Malheureusement, cela semble de plus en plus nécessaire."

La surfréquentation pose un problème majeur, surtout dans les sites populaires. En 2021, les parcs nationaux ont accueilli près de 300 millions de visites, dont la moitié dans seulement 25 des 423 unités. Quarante-quatre parcs ont battu des records, comme Great Smoky Mountains et Yellowstone.

La densité de visiteurs nuit à l'environnement et à l'expérience touristique : embouteillages, pollution, collisions avec la faune, accidents en randonnée et usage illégal de sentiers.

La popularité croissante, amplifiée par la pandémie, a aggravé ces problèmes. Pour contrer cela, deux parcs de l'Utah ont introduit des réservations : Zion exige un permis pour Angels Landing, et Arches des billets chronométrés en haute saison.

Ces systèmes se multiplient, note Manning : Rocky Mountain, Glacier, Cadillac Summit Road à Acadia, Kalalau Trail à Kauai et Muir Woods.

"Les parcs doivent être préservés, mais aussi ouverts au public pour son plaisir", souligne Manning. "Équilibrer ces objectifs est de plus en plus ardu."

Pourquoi les parcs nationaux américains interdisent feux d artifice, vélos électriques et activités polluantes

Le NPS cible aussi des activités spécifiques. En 2021, il a autorisé les surintendants à interdire les vélos électriques si nuisibles. De nouvelles règles limitent les survols touristiques à l'aube, au crépuscule ou sous 800 m du sol.

"Le lever et coucher du soleil sont cruciaux pour la faune et les visiteurs", précise le projet de règlement. "Ces périodes favorisent alimentation, reproduction et communication des espèces, offrant calme et solitude."

Pour protéger espèces vulnérables, de nombreux parcs ferment des sites d'escalade saisonnièrement. Acadia et Zion ferment des falaises dès ce mois pour les faucons pèlerins, qui nichent sur ces parois emblématiques et plongent à plus de 385 km/h.

Malgré leur statut non menacé, ils restent sensibles aux perturbations. Au Canada, Jasper prolonge les fermetures pour caribous et restreint l'arrière-pays.

Équilibrer protection et loisirs est complexe, surtout avec le climat aggravant incendies et intempéries. Le refus des feux à Rushmore suit un incendie record en 2021. Les fermetures pour feux sont courantes à l'Ouest ; en 2021, toute la Californie a été touchée.

Cependant, les visiteurs ne sont pas seuls responsables. Le NPS, avec 20 000 employés permanents (moins que Disneyland) et un budget infime (moins de 0,05 % des dépenses fédérales), a besoin de plus de ressources, insiste Manning.

"Un écart majeur doit être comblé. Les parcs sont vitaux et méritent plus de soutien."

Manning cite le succès des navettes électriques à Zion. Sans moyens accrus, les restrictions restent la solution pour préserver ces espaces précieux.

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