Quand on évoque les énergies renouvelables, les panneaux solaires et les éoliennes viennent souvent à l'esprit. L'énergie solaire permet de déployer de vastes fermes générant des mégawatts ou d'installer des panneaux sur un toit domestique pour alimenter une maison. À l'inverse, l'éolien est associé à de gigantesques turbines en zones rurales. Les éoliennes résidentielles représentent-elles une opportunité manquée ?
Malheureusement, les éoliennes sur toits ne devraient pas devenir une source d'énergie renouvelable viable à court terme. Elles manquent simplement d'efficacité. Matthew Lackner, professeur de génie mécanique et industriel à l'Université du Massachusetts Amherst, l'explique à Popular Science : contrairement au solaire, le vent ne se prête pas bien à une installation domestique.
"Les grandes fermes solaires sont plus rentables par unité d'énergie grâce aux économies d'échelle, mais les panneaux solaires sont désormais si abordables qu'une installation résidentielle reste économiquement viable", note Lackner. "Pour l'éolien, plusieurs facteurs d'échelle spatiale interviennent."
Les grandes éoliennes industrielles justifient leur investissement par leur production élevée. À l'échelle domestique, les petites turbines génèrent trop peu d'énergie pour amortir leur coût. L'éolien nécessite des tours élevées pour capter des vents forts, au-dessus des arbres, bâtiments et obstacles. Le vent s'intensifie avec l'altitude en raison de la réduction des frottements et des basses pressions.
"En zones résidentielles, les réglementations limitent la hauteur des tours, et les maisons voisines ou arbres freinent le vent au sol, réduisant sa vitesse près des habitations", précise Lackner.
Pour une ferme isolée en haut d'une colline, une éolienne pourrait convenir, mais pas pour la plupart des logements. En revanche, elle s'avère prometteuse pour les grands immeubles de bureaux.
La start-up Accelerate Wind propose des micro-éoliennes pour ces bâtiments, exploitant l'accélération du vent autour des structures : il gagne en vitesse en remontant les façades. Positionnées au bord des toits, ces turbines pourraient couvrir jusqu'à 25 % des besoins énergétiques, selon l'entreprise.
Lackner envisage aussi des parcs éoliens communautaires de 50 à 100 kW, alimentant plusieurs dizaines de maisons en sites venteux, comme au Danemark ou en Écosse.
"Pas pour les maisons individuelles, mais pour des lotissements en hauteur, dans un espace ouvert", conclut l'expert.
Cette niche reste limitée. Sans innovations majeures, l'éolien résidentiel ne décollera pas. En attendant, un micro-réseau communautaire pourrait être une alternative judicieuse.