Chaque découverte d'exoplanètes semblables à la Terre ravive la question : quand y irons-nous ?
Le dernier vol de la navette spatiale Atlantis en 2011 n'a pas marqué la fin des vols spatiaux habités, comme certains le redoutaient. Tout comme l'extinction des dinosaures a permis aux mammifères de se répandre, le retrait de la navette inaugure une ère d'exploration spatiale élargie. Les entreprises privées, comme SpaceX d'Elon Musk (cofondateur de PayPal), les explorateurs polaires Tom et Tina Sjögren, ou le projet Mars One de Bas Lansdorp (visant un établissement humain sur Mars d'ici 2023), s'engagent pleinement. La colonisation spatiale a commencé.

Mais la technologie seule ne suffit pas. Pour un succès durable, il faut aborder les défis biologiques et culturels. Au-delà des fusées et robots, des familles et communautés entières seront impliquées. Une « anthropologie de l'espace » émerge, étudiant l'adaptation humaine à de nouveaux environnements. Les êtres vivants évoluent avec le temps, un principe clé à intégrer.
Les scientifiques divergent : Robert Zubrin (Mars Society) prône des colonies martiennes autosuffisantes via ressources locales pour eau, oxygène et matériaux.
Si nous réussissons des colonies spatiales, cela ne changera pas l'univers, mais l'homme.
D'autres envisagent des habitats flottants (idées de Gerard O'Neill, 1970s, vus dans 2001 : L'Odyssée de l'espace), aux points de Lagrange, ou des « arches spatiales » pour voyages intergénérationnels. L'auteur contribue à une telle mission via l'ONG Icarus Interstellar.
Les colons ne seront pas tous des astronautes d'élite comme dans The Right Stuff, mais des familles, agriculteurs et ouvriers pour une vie permanente.

Les pionniers doivent avoir des gènes sains. Dans de petites populations, les maladies héréditaires se propagent vite. Des tests détectent plus de 3 500 troubles, mais beaucoup sont polygéniques ou influencés par l'environnement, comme le gène ATRX affectant le transport d'oxygène.
Rejeter des porteurs potentiels est complexe ; la diversité génétique est cruciale pour éviter l'extinction. Une « super race » comme dans Gattaca est irréaliste.
Pour une arche spatiale fermée, la taille minimale viable est estimée à 500 personnes ; l'auteur suggère 2 000 pour la sécurité. La composition démographique (âge, sexe) compte, comme le montrent des simulations.
La vie spatiale sera plus risquée, activant une sélection naturelle forte, surtout chez embryons et bébés. Exemple : pressions atmosphériques basses (comme Apollo à 345 hPa avec 100 % O₂) augmentent mortalité infantile initialement, favorisant adaptations génétiques.
Les infections, plantes, animaux et microbiote évolueront aussi. Mutations en 5 générations (~150 ans).
La plupart des colons seront agriculteurs et ouvriers, non capitaines Picard.

Gravité martienne (1/3 Terre) mènera à des physiques élancés ; radiations favoriseront réparation ADN. Adaptations comme chez Andins/Tibétains (poitrines larges).
Pour viabilité, au moins 500 personnes.

En 150 ans, changements culturels prédominent : nouvelles langues, langages corporels, calendriers (ex. Viking en Irlande).
Sur Mars : habitats à basse pression altèrent son/vitesse parlée ; gravité faible change arts. Dans arches : temps/redéfini.
Mutations fixes en 300 ans, comme tolérance lactose. Martiens différeront visiblement (taille, peau). Cultures évoluent vite (anglais 17e-20e siècles).
Postulats sacrés changeront, forgeant nouvelles cultures.
L'alternative : disparition comme toute vie terrestre.
Spéciation lente sans ingénierie génétique, potentiellement créant Homo extraterrestrialis.

Expérimenter reproduction/développement hors Terre, élevage animaux. Prix pour premier habitat familial. Courage requis : « tout l'univers, ou rien » (H.G. Wells).
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