Les observations de sept "galaxies méduses" révèlent un mécanisme inédit d'alimentation des trous noirs supermassifs.
Des astronomes ont utilisé l'instrument MUSE du Très Grand Télescope (VLT) de l'ESO, au Chili, pour étudier sept galaxies méduses dans des amas proches. Ces galaxies, nommées pour leurs longs tentacules de gaz s'étendant sur des dizaines de milliers d'années-lumière, montrent un nouveau processus d'alimentation des trous noirs supermassifs. Le mécanisme responsable de ces tentacules permet au gaz d'atteindre le centre galactique, alimentant le trou noir et le faisant briller intensément. Ces résultats sont publiés aujourd'hui dans la revue Nature.
Dirigée par des astronomes italiens de l'INAF, l'équipe a examiné comment ces galaxies perdent leur gaz. Les tentacules naissent du "décapage par pression dynamique" : en plongeant à grande vitesse dans les amas galactiques, elles rencontrent un gaz chaud dense qui crée un vent contraire, formant des queues de gaz et des vagues de formation d'étoiles.
Six des sept galaxies méduses étudiées abritent un trou noir supermassif actif au centre. Généralement, moins d'une galaxie sur dix est affectée de la sorte.
Six des sept galaxies possèdent un trou noir supermassif actif se nourrissant du gaz environnant, un taux exceptionnellement élevé (moins de 10 % habituellement).
"Ce lien fort entre le décapage par pression dynamique et les trous noirs actifs n'avait jamais été prédit ni observé", déclare Bianca Poggianti, chef de l'équipe à l'observatoire INAF de Padoue, Italie. "Une partie du gaz n'est pas éjectée mais atteint le centre, nourrissant le trou noir central."
Longtemps, les astronomes se sont interrogés sur l'inactivité relative des trous noirs supermassifs, présents dans presque toutes les galaxies. Cette découverte révèle un mécanisme inédit d'alimentation.
Yara Jaffé, astronome à l'ESO et co-auteure, souligne : "Ces observations MUSE montrent un retour du gaz vers le trou noir, un pas clé pour comprendre les liens entre trous noirs supermassifs et leurs galaxies hôtes."
Ces résultats s'inscrivent dans une vaste étude en cours sur les galaxies méduses. "À terme, nous évaluerons combien de galaxies riches en gaz subissent une activité nucléaire accrue lors de leur entrée dans les amas", conclut Poggianti. Ces objets sont essentiels pour décrypter l'évolution galactique dans l'Univers en expansion.
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