Il y a plus de 50 ans, le 21 juillet 1969, Neil Armstrong devient le premier humain à poser le pied sur la Lune. Enfant de la course à l'espace, le programme Apollo représente l'une des plus grandes aventures scientifiques et technologiques de l'histoire humaine.
En octobre 1957, l'Union soviétique choque le monde avec Spoutnik 1, premier satellite en orbite. Le gouvernement américain minimise l'événement, mais la presse et l'opposition sonnent l'alarme. Un général américain lâche : « Nous nous sommes trompés d'Allemands ! », évoquant les ingénieurs de fusées allemands recrutés après la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, les États-Unis avaient fait le meilleur coup : Wernher von Braun, concepteur de la V2 nazie, travaille désormais pour l'armée américaine avec son équipe d'élite.
Malgré ses demandes, von Braun ne lance pas de satellite scientifique, le projet civil Vanguard de la Marine étant prioritaire. Mais deux mois après Spoutnik, la fusée Vanguard explose au décollage devant les caméras mondiales, surnommée « Kaputnik ». Von Braun obtient alors le feu vert : Explorer 1 est lancé en janvier 1958, suivi du succès de Vanguard.

En réponse, le président Eisenhower crée la NASA. Von Braun et ses ingénieurs allemands y intègrent, développant la fusée Saturn qui posera les bases d'Apollo. Malgré son passé nazi, von Braun gagne le respect comme visionnaire. Un film sur sa vie est titré ironiquement : « J vise les étoiles... mais parfois je touche Londres ».
La NASA lance le projet Mercury avec des vols solo, mais les Soviétiques frapperont les premiers : Youri Gagarine en 1961. Le président Kennedy, humilié aussi par l'échec de la Baie des Cochons, cherche une victoire. Les missiles soviétiques étant supérieurs, la NASA propose un objectif audacieux : un homme sur la Lune avant fin 1969. Kennedy annonce cela au Congrès, ouvrant les vannes du financement. Problème : la technologie n'existe pas encore.
Après Mercury, Gemini (1965-1966) inverse la tendance avec les premiers rendez-vous et accouplements spatiaux. Neil Armstrong, pilote de Gemini 8, évite de justesse une catastrophe en stabilisant une rotation incontrôlée.
Apollo débute tragiquement : en 1967, un incendie tue l'équipage d'Apollo 1 lors d'un test au sol.
L'enquête révèle un mélange fatal : oxygène pur à 110 kPa (proche de la pression atmosphérique) au sol, hautement inflammable. Une étincelle embrase la cabine. Le programme, géant employant 400 000 personnes, souffre de pressions et de défauts de coordination. La NASA réforme : nouvelle trappe, câblage revu, air normal aux tests.

« Sans cet incendie, Apollo n'aurait pas réussi », déclare plus tard John Young (Apollo 16).
Apollo 1 retarde le programme d'un an et demi. Apollo 4 (1967) teste la Saturn V complète avec succès, malgré des oscillations ultérieures. Le module lunaire de Grumman arrive défectueux : fuites, cent problèmes. La CIA alerte sur un vol soviétique lunaire imminent, poussant Apollo 8 (1968) en orbite lunaire sans atterrisseur – un risque, car il sert de canot de sauvetage (comme vu avec Apollo 13).
Apollo 8 boucle 10 orbites lunaires, lit la Genèse en direct Noël, offrant la première vue de la Terre depuis la Lune. Apollo 10 répète : descente à 15 km sans atterrir.

Pour Apollo 11, Armstrong donne 50 % de chances d'alunissage. Simulations soulignent les risques : zone morte sous 60 m, délai radio de 2,6 s.
16 juillet 1969 : lancement. 20 juillet, Eagle descend. Alarme 1202 : ordinateur surchargé par un radar mal réglé, mais « continuez ». À 200 m, Armstrong évite un cratère. À 67 m, radar HS puis OK. À bout de carburant (20 s restantes) : « L'Aigle a atterri ».
Armstrong descend : « Un petit pas pour l'homme, un bond de géant pour l'humanité ». 2h30 : 22 kg d'échantillons, instruments. Décollage avec un stylo pour un interrupteur cassé.

Rendez-vous avec Collins, retour, amerrissage Pacifique. La capsule Columbia trône au Smithsonian.
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