Le téléphone portable est un outil indispensable au quotidien, mais est-il sans danger ? Les experts s'interrogent encore. Voici un aperçu équilibré des bénéfices et des risques, basé sur des études scientifiques.
Des recherches, comme celle menée par l’Université nationale d’Australie auprès de 1 300 utilisateurs, montrent que 75 % se sentent plus en sécurité avec leur portable. « Les téléphones portables ont introduit la communication omniprésente et la microcoordination dans la vie quotidienne », explique le professeur Michael Bittman de l’Université de New England en Australie. Être joignable à tout moment procure un sentiment de sécurité, rendant la vie sans portable inimaginable pour beaucoup.
« Cordon ombilical social », selon Kate Fox du Social Issues Research Centre à Oxford. 75 % des utilisateurs s’en servent au moins une fois par semaine pour discuter, un tiers quotidiennement. « Il nous ramène aux échanges constants des petites communautés préindustrielles, combattant la solitude moderne », ajoute-t-elle.
Trois randonneurs perdus dans les monts Grampians en Australie ont été localisés grâce à une photo prise avec leur portable, identifiant précisément la zone. « Sans cela, nous aurions mis des jours », témoigne l’inspecteur Martin Dorman. Les portables sauvent des vies en situations critiques.
Les médecins photographie les blessures pour consultation immédiate par des spécialistes. « Cela compense l’accès limité aux experts et aux archives », note le Dr Tai Khoa Lam du Nepean Hospital à Sydney.
40 % des personnes utilisent les portables pour initier des relations, selon Relationships Australia, menant à des histoires d’amour dans 23 % des cas, surtout chez les jeunes.
Plus de 50 % des participants à l’étude de l’Université nationale d’Australie rapportent une productivité accrue, bien que 33 % notent un stress supplémentaire dû à un rythme accéléré, d’après le Pr Bittman.
Les radiofréquences réchauffent le cerveau, augmentant potentiellement les risques de cancer chez les gros utilisateurs, selon Ronald B. Herberman, directeur de l’Institut de cancérologie de l’Université de Pittsburgh. Limitez l’usage près de l’oreille.
En 2006, 16,8 millions d’utilisateurs au Canada (Statistique Canada), avec peu de recyclage. Les déchets libèrent arsenic, beryllium, cadmium, etc., polluant l’environnement.
L’usage au volant quadruple le risque d’accident (Université de Toronto). Chez les piétons, 48 % traversent imprudemment en appel (Université de l’Ohio), contre 25 % sans téléphone.
Les jeunes commencent à 13 ans, dépensant plus de la moitié de leur argent de poche (Youth Action and Policy Association, Australie). 40 % ont des factures > 200 $, 4 % > 1 500 $.
45 % des femmes et 31 % des hommes vérifient les messages suspects (sondage NOP, Suisse).
90 % des gens estiment que leur vie s’arrêterait sans portable (projet UNA), procurant confiance. Mais 42 % des étudiantes et 28 % des étudiants se risquent plus (sondage US). Sous-estimons-nous les risques cancérigènes ? Les experts préconisent modération et kit mains-libres.
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