Les chercheurs du MIT et de Harvard percent les mécanismes complexes des réponses auto-immunes.

Grâce à notre système immunitaire, le corps se protège des envahisseurs comme les bactéries pathogènes et élimine ses propres cellules défectueuses. Mais que se passe-t-il lorsque le système immunitaire s'attaque aux cellules saines ? C'est alors une maladie auto-immune. Les chercheurs démêlent ces mécanismes complexes. Jellert Gaublomme, chercheur postdoctoral au Broad Institute du MIT et de Harvard, se focalise sur les cellules Th17.
Les cellules Th17, un type spécifique de globules blancs, protègent l'organisme contre les pathogènes étrangers, mais peuvent aussi déclencher de graves maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques (SEP) ou le psoriasis. « Le système immunitaire doit équilibrer protection et tolérance pour éviter les réactions indésirables », explique Gaublomme.
Pour élucider comment certaines cellules Th17 deviennent pathogènes, il faut mieux comprendre le système immunitaire, un réseau complexe d'interactions protéiques et moléculaires. « C'est comme un orchestre sans chef : certains instruments dominent, l'harmonie évolue constamment, chaque élément influençant les autres », décrit Aviv Regev, professeur de biologie au MIT.
Gaublomme et ses collègues ont analysé les cellules Th17 dans un modèle murin de SEP, étudiant les mécanismes génétiques des réponses auto-immunes. Auparavant, seules des analyses globales étaient possibles. « C'est comme décrire Les Quatre Saisons de Vivaldi sans distinguer les instruments », illustre Regev. Une nouvelle technique permet désormais d'étudier ces cellules individuellement.
Les chercheurs ont révélé de grandes hétérogénéités entre cellules Th17 et se sont interrogés sur leur lien avec les stades de développement. « Le potentiel pathogène ne dépend pas seulement du stade : de multiples mécanismes différencient les cellules Th17 pathogènes des protectrices », précise Gaublomme.
L'équipe a identifié plusieurs gènes liés au potentiel pathogène des Th17, influençant la résistance des souris à la SEP. Prochaine étape : analyser leur rôle précis pour développer des thérapies ciblant sélectivement ces cellules dans la SEP et le psoriasis. (ed)