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Sclérose en plaques : une découverte clé sur la réduction du flux sanguin cérébral et pistes thérapeutiques

Des chercheurs en médecine de la Vrije Universiteit Brussel ont identifié un nouveau mécanisme expliquant la réduction de l'apport sanguin au cerveau chez les patients atteints de sclérose en plaques (SEP).

Sclérose en plaques : une découverte clé sur la réduction du flux sanguin cérébral et pistes thérapeutiques

Un mécanisme inédit impliquant l'endothélines-1

La sclérose en plaques (SEP) se caractérise par des poussées inflammatoires locales qui endommagent la myéline des nerfs du cerveau et de la moelle épinière, altérant la transmission des signaux nerveux. Cela provoque des symptômes variés comme la paralysie, la vision double, la vision floue ou des troubles de l'équilibre, qui s'améliorent souvent spontanément. Des traitements immunomodulateurs réduisent efficacement ces poussées.

Cependant, la forme progressive de la SEP, marquée par un déclin continu sans rémission, reste sans traitement curatif. Elle résulte d'une dégénérescence neuronale progressive dont les causes précises sont méconnues, et les immunomodulateurs y sont inefficaces. Les patients SEP présentent également un flux sanguin cérébral réduit.

L'équipe de Jacques De Keyser, de la Vrije Universiteit Brussel, a découvert que cette hypoperfusion est due à une surproduction d'endothélines-1 (ET-1), une substance provoquant la vasoconstriction. Les patients SEP en ont significativement plus dans le sang que les sujets sains. Chez l'animal, un flux réduit entraîne la mort des axones nerveux.

Une piste thérapeutique émerge avec le bosentan, un antagoniste de l'ET-1. Des tests préliminaires chez des patients SEP ont normalisé le flux sanguin cérébral. Des études supplémentaires sont nécessaires pour évaluer son impact sur la progression de la maladie.

Le rôle des astrocytes

L'analyse de tissus cérébraux post-mortem a révélé que les astrocytes des plaques de démyélinisation produisent excessivement l'ET-1. Cela renforce l'hypothèse de De Keyser : la SEP ne serait pas uniquement auto-immune, mais impliquerait un dysfonctionnement astrocytique. Ces cellules en forme d'étoile soutiennent les neurones du système nerveux central.

Si cette vision reste minoritaire face à la prédominance du paradigme auto-immun, aucune preuve irréfutable ne la contredit.

Parallèlement, l'équipe coordonne une étude flamando-néerlandaise de deux ans sur la fluoxétine chez des patients SEP progressive. Ce médicament dilate les vaisseaux cérébraux et améliore le métabolisme énergétique neuronal. (lg)


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