Une production d'énergie déficiente dans les cellules pourrait causer la maladie de Parkinson, selon des scientifiques flamands.

Les neuroscientifiques Vanessa Morais et Bart De Strooper, de l'Institut flamand de biotechnologie (VIB) et de la KU Leuven, ont démontré qu'un défaut du gène Pink1 mène à la maladie de Parkinson. Ils ont cartographié ce mécanisme au niveau moléculaire, apportant la preuve définitive qu'une production d'énergie défectueuse dans les cellules en est la cause.
Ces résultats sont publiés dans Science (2020). Dans la maladie de Parkinson, le fonctionnement des mitochondries – les organites cellulaires responsables de la production d'énergie – est altéré. Vanessa Morais a étudié ce lien chez des mouches drosophiles et des souris porteuses d'un gène Pink1 défectueux, qui présentaient des symptômes parkinsoniens.
Ce défaut empêche une phosphorylation adéquate du complexe I, un ensemble protéique essentiel à la production d'énergie mitochondriale. La phosphorylation, qui consiste à ajouter un groupe phosphate à une protéine, est cruciale pour activer de nombreux processus cellulaires. Son absence altère directement le fonctionnement des protéines concernées.
En restaurant cette phosphorylation, Morais et son équipe ont atténué ou éliminé les symptômes chez les souris et dans les cellules souches de patients. Cela confirme que le déficit de phosphorylation déclenche la maladie chez les porteurs d'un gène Pink1 muté.
Restaurer la production d'énergie cellulaire ouvre une voie thérapeutique potentielle pour la maladie de Parkinson. Les chercheurs du VIB ont déjà observé une augmentation de l'énergie dans des cellules de patients parkinsoniens après restauration de la phosphorylation. Des tests cliniques chez l'humain seront nécessaires pour valider l'effet sur les symptômes, après validations précliniques approfondies. (ev)
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