Des chercheurs belges du Limbourg ont développé une technique de FIV économique et performante. Un traitement haut de gamme pourrait désormais coûter moins de 200 € par cycle.

Des chercheurs de l'université de Hasselt et de l'hôpital Oost-Limburg à Genk ont mis au point une technique de FIV low-cost qui pourrait transformer la vie de millions de couples infertiles dans les pays en développement. Un traitement de haute qualité est désormais possible pour moins de 200 € par cycle.
"L'infertilité est l'un des problèmes de santé les plus négligés dans les pays en développement", explique Elke Klerkx, chercheuse à l'Institut de technologie de la fertilité de Genk. "Dans certaines régions, la stigmatisation pousse les femmes infertiles à être déshéritées, maltraitées ou reléguées au statut de 'femmes de seconde classe' dans des mariages polygames." L'ASBL Walking Egg partage cette préoccupation et a financé l'étude pour promouvoir l'accès à la fertilité dans ces pays.
La FIV classique requiert un laboratoire sophistiqué avec équipements coûteux, comme des stocks de gaz spéciaux, un système de purification d'air et un incubateur à CO2. Les chercheurs belges ont simplifié cela avec deux éprouvettes en verre, des seringues et des tuyaux. Dans cette technique nommée tWE (en hommage à Walking Egg), une réaction chimique entre acide citrique et bicarbonate de sodium génère le CO2 nécessaire. Un raccord amovible assure des conditions optimales pour la culture embryonnaire.
Cette approche low-cost aboutit à une implantation réussie dans plus de 30 % des cas, menant à une grossesse normale – un taux comparable aux méthodes traditionnelles. "Les premiers résultats confirment que ce système simplifié offre une solution abordable là où la FIV est la seule option", souligne Klerkx. "C'est un pas décisif vers des soins de fertilité universels." À environ 200 € par cycle, la tWE représente une fraction du coût des FIV classiques.
Cependant, une réserve subsiste : la technique nécessite encore un laboratoire spécialisé, coûtant jusqu'à 3 millions d'euros à construire. L'équipe de Klerkx vise à en installer un à Genk pour seulement 300 000 € d'ici novembre. "Les hôpitaux des pays en développement pourront alors créer leurs propres labs et adopter cette procédure simplifiée, inaugurant une nouvelle ère pour la FIV", conclut-elle.
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