De nouvelles études montrent que les employés sont plus performants dans un bureau abondant en verdure. La science confirme depuis longtemps que la nature favorise une bonne santé.
La majorité des Néerlandais perçoit la nature comme bénéfique pour la santé. Une enquête menée en décembre 2012 auprès d'un millier de personnes révèle que la plupart associent positively nature et santé, particulièrement pour les troubles psychologiques et les maladies respiratoires. 45 % des répondants visitent des espaces naturels chaque semaine pour des motifs de santé. Plus de 90 % recommanderaient cette pratique à un ami souffrant de tristesse ou de dépression. Huit répondants sur dix estiment que davantage de verdure pourrait réduire les coûts de santé et l'absentéisme.
Le projet « Vitamine G » a examiné l'impact des espaces verts sur la santé et le bien-être auprès de plus de 1 600 habitants de quatre grandes villes néerlandaises. Les participants ont répondu à un questionnaire sur leur santé, tandis que les chercheurs ont évalué la qualité du cadre de vie urbain. Résultat : une plus grande quantité ou qualité de verdure à proximité corrèle avec moins de problèmes de santé aigus, une meilleure santé générale et mentale. Peu importe le type – parcs, verdure de rue ou de quartier – : « La santé s'améliore à mesure que la quantité de verdure augmente », concluent les chercheurs. Les quartiers à forte densité de verdure de qualité offrent les gains les plus importants.
Des résultats similaires émergent chez les propriétaires de jardins familiaux. Les seniors de 62 ans et plus avec un jardin affichent une meilleure santé que leurs voisins sans. Ces jardiniers signalent moins de problèmes de santé, moins de solitude et consultent moins leur médecin généraliste. Ils pratiquent aussi plus d'exercice : 84 % atteignent la norme de 30 minutes d'activité modérée cinq jours par semaine, contre 62 % dans le groupe témoin.
Ces bénéfices ne sont pas seulement auto-déclarés. Une étude néerlandaise de 2010 a mesuré le cortisol (hormone du stress) dans la salive après une tâche stressante suivie de 30 minutes de jardinage ou de lecture dans un abri de jardin. Le jardinage réduit plus rapidement le cortisol, procure une détente subjective et améliore la concentration, contrairement à la lecture qui la diminue. Conclusion : le vert atténue le stress et booste la concentration.
Ces effets – réduction du stress et amélioration de la concentration – reviennent fréquemment dans les recherches, explique Agnès van den Berg, professeure spécialisée en expérience et appréciation de la nature à l'Université de Groningue. « À court terme, la nature relaxe et concentre. À long terme, elle aide contre l'anxiété, la dépression, l'asthme et le diabète. »
Cependant, ces bénéfices ne passent pas uniquement par une hausse de l'exercice. « Aux États-Unis, un nouveau parc incite au sport, pas aux Pays-Bas où l'on peut se déplacer à pied ou vélo partout », note Van den Berg. Ici, c'est la présence de verdure qui compte.
La verdure agit via ses motifs naturels irréguliers et variés, estime Van den Berg. « Nos yeux, adaptés évolutivement à la nature, s'y acclimatent sans effort, procurant calme et bienfaits physiologiques. » Les créations humaines paraissent simplistes en comparaison.
La nature offre aussi un contraste bienvenu à l'urbanité quotidienne. Des études suisses montrent que les forestiers, pour qui la nature est le lieu de travail, y trouvent moins de repos.
Mais cet effet dépasse la simple variété : tous les types de nature produisent des résultats similaires, comme le montrent des recherches récentes de Van den Berg et ses collègues de Sheffield sur des parcs variés (propre, luxuriant, sauvage). Des études suédoises confirment : mer, forêt ou plaine apaisent autant les plaintes physiques que psychologiques.
Même photos ou vidéos de nature calment : une simulation de promenade forestière post-film d'horreur réduit le stress, contrairement à un trajet urbain ou une peinture abstraite.
Les chercheurs privilégient ces supports contrôlés pour éviter les interférences extérieures (aboiements, pluie...).
Cependant, pour les effets à long terme – sensorialité, saisons, connexion –, seule la nature réelle suffit. Photos ou vues par la fenêtre aident pour un stress ponctuel ou une concentration rapide.
Compte tenu de ses effets anti-stress et pro-concentration, la verdure booste la productivité. Les bureaux verts se multiplient. Une étude TNO sur les plantes au travail montre un lien faible avec l'absentéisme aux Pays-Bas (déjà verdoyants), mais positif en Norvège.
Attention : les plantes peuvent distraire lors de tâches simples ou routinières, mais excellent pour les travaux créatifs ou cognitifs exigeants. Privilégiez-les dans cantines et couloirs.
Les hôpitaux gagneraient le plus : personnel et patients bénéficieraient de verts traversés en déplacement, accélérant guérison et réduisant analgésiques.
À domicile, les « chambres vertes » pour seniors – avec activités naturelles comme compositions florales – accélèrent récupération du stress et réduisent fatigue, selon Van den Berg.
Si la causalité reste à affiner, les corrélations s'accumulent. « Je suis convaincue depuis longtemps », affirme Van den Berg. Le champ de recherche s'élargit rapidement.
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