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Circoncision masculine : clé pour une Afrique sans sida ? Études et expertises

Les scientifiques et décideurs rêvent d'une génération sans sida. La circoncision masculine émerge comme une stratégie prometteuse.

Circoncision masculine : clé pour une Afrique sans sida ? Études et expertises

Le 1er décembre marque la Journée mondiale de lutte contre le sida. Environ 35 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, et 1,5 million meurent chaque année des suites du sida.

Les experts rêvent d'une génération sans sida. La circoncision masculine peut-elle y contribuer ? Dans des pays comme le Swaziland, le Botswana, le Lesotho et l'Afrique du Sud, plus d'un cinquième de la population est infectée. Pourtant, trois études randomisées menées au Kenya, en Ouganda et en Afrique du Sud montrent que la circoncision réduit de 60 % le risque de transmission du VIH de la femme à l'homme.

« Si un vaccin offrait le même effet, nous vaccinerions tous les groupes à risque », affirme la professeure Marie Laga, spécialiste du sida à l'Institut de médecine tropicale (ITM) d'Anvers. En 1984, au Kenya, elle a contribué à identifier le VIH.

Le prépuce est un réservoir idéal pour la multiplication rapide du VIH.

C'était une époque de découvertes passionnantes mais humainement éprouvante, se souvient Laga. « Nous voyions des jeunes mourir autour de nous tout en répondant à des questions fondamentales sur la transmission. »

Pourquoi ça marche ? Le gland exposé se kératinise, formant une barrière plus résistante. Le prépuce, riche en cellules de Langerhans, facilite l'entrée du VIH. Il accumule aussi saletés et inflammations, augmentant la vulnérabilité.

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&u25b2 Panneaux routiers en Afrique du Sud promouvant le préservatif.

Impact sur les femmes La circoncision protège les hommes, réduisant indirectement les infections féminines. Exemple : les mineurs sud-africains, souvent infectés via la prostitution, transmettent le virus à leurs partenaires.

Un préservatif reste la meilleure protection, mais ses ventes mondiales baissent.

Si 28 millions d'hommes sont circoncis en 15 ans dans 14 pays d'Afrique australe, 3,4 millions d'infections VIH seront évitées, économisant 13 milliards d'euros en soins.

Défis pratiques Peur de la douleur, tests VIH obligatoires, mythes (comme « sandwich au singe »), pressions culturelles et surcharge des systèmes de santé freinent le déploiement. Des rites tribaux compliquent aussi l'adoption.

Marie Laga insiste : « Il faut combiner interventions biomédicales et sociales, comme pour le tabagisme. »

Pas une solution unique La protection est de 60 % seulement. L'urologue Alex Breugelmans met en garde contre un faux sentiment de sécurité. Une combinaison est essentielle : préservatifs, dépistage, etc.

Malgré les progrès (ARV accessibles), la prévention stagne car le VIH est perçu comme moins mortel. Plus de 35 millions de personnes vivent avec le virus ; aucun vaccin n'existe encore.

Comment se déroule une circoncision ? En Afrique australe, anesthésie locale en anneau. Le prépuce est incisé et suturé en moins de 30 minutes. Abstinence sexuelle recommandée 3 semaines.

Circoncision masculine : clé pour une Afrique sans sida ? Études et expertises

&u25b2 Circoncision chirurgicale.

Des méthodes non chirurgicales comme PrePex (compression élastique) soulagent les systèmes de santé, utilisées au Rwanda.

Circoncision masculine : clé pour une Afrique sans sida ? Études et expertises

PrePex : méthode non chirurgicale au Rwanda.

Cet article a déjà été publié dans le numéro de décembre d'Eos.

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