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Les vaccins : effets, bénéfices et fonctionnement prouvé scientifiquement

Les vaccinations représentent l'une des plus grandes avancées de la médecine moderne. Par exemple, la variole a été éradiquée mondialement. La poliomyélite est en voie d'éradication complète. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les programmes de vaccination ont permis d'éviter plus de 10 millions de décès entre 2010 et 2015, outre les invalidités permanentes prévenues [1]. Malgré leur haut niveau d'efficacité et de sécurité, le scepticisme vaccinal croît. Cet article détaille leur principe d'action et les risques d'un relâchement des programmes vaccinaux.

À quoi servent les vaccins ?

Le but d'une vaccination est de conférer une immunité active contre un agent pathogène, sans contracter la maladie ni ses complications [2]. En clair, on entraîne le système immunitaire à reconnaître et neutraliser rapidement l'agent infectieux.

Comment fonctionne notre système immunitaire ?

Pour appréhender les vaccins, comprenons d'abord le système immunitaire, divisé en deux branches : innée et adaptative.

Le système immunitaire inné, le plus ancien sur le plan évolutif, offre une protection générale et réagit vite (en heures). Il inclut la peau, les muqueuses et les macrophages. Avantage : action immédiate ; limite : non spécifique, laissant certains pathogènes s'échapper.

Le système immunitaire adaptatif entre alors en jeu après quelques jours, avec une réponse ciblée. Il produit des anticorps (immunoglobulines) contre les antigènes spécifiques du pathogène, le neutralisant. Grâce aux cellules mémoire, il assure une protection durable lors de réexpositions [3].

Comment fonctionne un vaccin ?

On distingue immunisation active et passive. L'immunisation passive injecte directement des anticorps contre le pathogène ou sa toxine, pour une protection temporaire. Exemple : post-exposition à la rage [4].

L'immunisation active introduit un pathogène atténué ou inactivé, stimulant une immunité préventive durable, souvent à vie. Des rappels peuvent être nécessaires (ex. tétanos). Types : vaccins inactivés, toxoïdes, sous-unités... [2], [5]. L'essentiel est leur logique : préparer le corps sans risque.

Les dangers du non-vaccinage

Certaines infections tuent ou mutilent dès la première fois, comme la méningite méningococcique (50 % de mortalité non traitée, 20 % de séquelles neurologiques) [6]. Les vaccins réduisent drastiquement ces risques.

Le concept d'immunité collective protège l'ensemble de la population au-delà des vaccinés, via un taux vaccinal élevé qui freine la propagation. Cela sauvegarde les immunodéprimés (ex. sous chimiothérapie) [7], [8].

Les vaccins sont parmi les outils préventifs les plus sûrs et efficaces. Restez critique, mais fuyez les rumeurs des réseaux sociaux. Fiez-vous à la science.

Informez-vous sur des sources fiables et scientifiquement validées.

Références

[1] Organisation mondiale de la santé, « Le pouvoir des vaccins : encore pas pleinement utilisé ». https://www.who.int/publications/10-year-review/chapter-vaccines.pdf?ua=1 (consulté le 10 juillet 2020).

[2] V. Vetter, G. Denizer, L. R. Friedland, J. Krishnan et M. Shapiro, "Comprendre les vaccins modernes : ce que vous devez savoir", Annals of Medicine, vol. 50, n° 2. Taylor et Francis Ltd, p. 110–120, fév. 2018, doi :10.1080/07853890.2017.1407035.

[3] J. Charles A Janeway, P. Travers, M. Walport et M. J. Shlomchik, « Principes d'immunité innée et adaptative », 2001, consulté : 10 juillet 2020. [En ligne]. Disponible : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK27090/.

[4] M. K. Slifka et I. J. Amanna, "Passive Immunization", dans Plotkin's Vaccines, Elsevier, 2018, p. 84-95.e10.

[5] D. Baxter, "EXAMEN EN PROFONDEUR Immunité active et passive, types de vaccins, excipients et licences", Médecine du travail, vol. 57, p. 552–556, 2007, doi :10.1093/occmed/kqm110.

[6] "Méningite à méningocoques." https://www.who.int/en/news-room/fact-sheets/detail/meningococcal-meningitis (consulté le 10 juillet 2020).

[7] LG Rubin et al., « 2013 IDSA Clinical Practice Guideline for Vaccination of the Immunocompromised Host », 2013, doi :10.1093/cid/cit684.

[8] W. A. Orensteina et R. Ahmedb, "Pour faire simple : la vaccination sauve des vies", Actes de l'Académie nationale des sciences des États-Unis d'Amérique, vol. 114, n° 16. Académie nationale des sciences, p. 4031–4033, 18 avr. 2017, doi :10.1073/pnas.1704507114.


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