Chez de nombreux patients, les antidépresseurs ont un effet limité ou nul. L'environnement joue un rôle bien plus déterminant.

Les antidépresseurs sont couramment prescrits aux personnes souffrant de dépression. Pourtant, chez beaucoup de patients, ces traitements ont peu ou pas d'effet. L'environnement s'avère souvent décisif.
L'efficacité des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) est scientifiquement établie. Les psychiatres les prescrivent majoritairement pour la dépression clinique. Cependant, aucun médecin ne peut garantir leur succès : ils ne bénéficient pas à 30 à 50 % des patients.
Le fonctionnement des ISRS ne dépend pas uniquement des différences cérébrales des patients, mais de leur environnement. Des chercheurs italiens et autrichiens l'ont démontré dans une étude sur des souris. Ils ont montré que l'environnement oriente les changements cérébraux après absorption des ISRS. Ces médicaments préparent simplement le cerveau au changement.
Pour cette recherche, des souris stressées et dépressives ont été traitées à la fluoxétine, principe actif du Prozac. Elles ont ensuite été divisées en deux groupes : l'un exposé à un stress continu, l'autre placé dans un environnement détendu.
Les résultats sont éloquents : les souris du groupe détendu montraient moins de signes de stress externe et de protéines liées au stress dans le sang. Les antidépresseurs seuls n'ont pas suffi à vaincre la dépression.
Ce principe s'applique probablement aux humains. Durant un traitement médicamenteux, les conditions environnementales sont cruciales. En image : les antidépresseurs vous mettent dans le bateau, mais c'est l'état de la mer qui décide si le voyage sera agréable.
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