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Notre moteur de recherche interne : le cortex cingulaire

Continuerez-vous à travailler pour votre patron ou ferez-vous le saut vers un nouvel emploi ? Quel que soit votre choix, il implique un risque de perte. Ce "moteur de recherche" dans notre cerveau s'appelle le cortex cingulaire.

Notre moteur de recherche interne : le cortex cingulaire

Continuerez-vous à travailler pour votre patron ou ferez-vous le grand saut vers un nouvel emploi ? Acceptez-vous cet appartement attractif en location, ou cherchez-vous plus loin ? Promettez-vous une loyauté éternelle ou laissez-vous la porte entrouverte ? Toujours avec le risque que choisir signifie renoncer à une meilleure option. Des recherches récentes révèlent que ce moteur de recherche interne est le cortex cingulaire.

Cela vous est-il déjà arrivé ? Juste au moment où vous avez emballé toutes vos affaires dans des cartons, camion de déménagement prêt, vous avez besoin d'un document urgent. Vous l'avez rangé, vous en êtes sûr, mais où ? Pas le choix : rouvrez les boîtes. Allez-vous fouiller frénétiquement, au risque de passer à côté, ou méthodiquement, boîte par boîte, pour éviter de recommencer ? Combien de temps explorez-vous un endroit avant d'en essayer un autre ?

Les biologistes, observant les animaux obsédés par la nourriture, ont modélisé cela dès les années 1960 avec la "théorie de l'optimal foraging" (théorie de la recherche optimale de nourriture). Ils prédisaient quand un animal abandonnerait un site pour en tenter un autre, pesant le coût énergétique du déplacement contre le gain potentiel.

Les bandits manchots
Dans les années 1970, l'ingénieur britannique John Gittins a appliqué cela aux "bandits manchots" (multi-armed bandits), ces machines à sous activées par un levier. Supposant des probabilités fixes mais inconnues, il a calculé l'indice de Gittins pour déterminer le moment optimal de changer de machine. Les joueurs continuèrent à suivre leur intuition, mais les écologistes John Krebs et Alex Kacelnik (Université d'Oxford) montrèrent que les oiseaux suivaient cet indice lors de tests avec des mangeoires à récompenses variables. Les oiseaux changeaient approximativement au bon moment, sans doute via un mécanisme intuitif plutôt que des calculs mathématiques.

Le cortex cingulaire
L'imagerie cérébrale moderne, comme l'IRMf, révèle le fonctionnement de ce moteur interne. Il s'active non seulement lors de recherches physiques (grenier, courses), mais aussi pour des décisions comme louer un appartement, changer d'emploi ou s'engager en couple.

Pour l'étudier, Dean Mobbs et ses collègues de l'Université de Cambridge ont conçu un jeu : les participants choisissaient entre deux zones sur écran, gagnant des points en réagissant vite à des symboles. La nuance grise indiquait la fréquence d'apparition, les points rouges le nombre de concurrents virtuels.

Le cortex cingulaire, en forme de ceinture autour du corps calleux, s'active fortement quand la situation empire (moins de points, plus de rivaux). Selon une étude publiée dans The Journal of Neuroscience, cette région évalue les conséquences négatives d'un choix et les bénéfices d'un changement. Chez les singes, son extrémité postérieure et le cortex orbitofrontal adjacent prédisent le passage à un nouveau site de nourriture. Elle interagit avec le système de récompense (dopamine pour le plaisir du succès) et l'amygdale (sensibilité sociale et concurrence).

Dissuadés par la concurrence
L'activité du système de récompense et de l'amygdale prédit la sensibilité aux gains ou rivaux. Les chercheurs insistent sur le contexte social dans les décisions. Une étude récente dans Science montre que les femmes sont souvent plus découragées par la concurrence, impactant leurs candidatures à des postes disputés.

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