Les temples antiques portent les cicatrices des tremblements de terre du passé.

Des géologues chevronnés analysent les fissures des murs de temples himalayens pour retracer les séismes historiques.
Fissures murales, colonnes tordues et planchers effondrés : là où le profane ne voit que l'usure du temps, les sismologues indiens identifient les marques d'anciens tremblements de terre. Ils ont examiné des temples médiévaux situés près des villes de Chamba et Bharmour, dans l'Himalaya.
Motif caractéristique
La clé réside dans la distinction entre dégradation naturelle et dommages sismiques. « Les temples montrent des signes d'âge et d'affaissement, mais sans motif régulier. Les séismes, eux, en produisent un », explique Mayank Joshi, géologue à l'Institut Wadia of Himalayan Geology. L'orientation des fissures, l'inclinaison des piliers et l'ampleur des dégâts révèlent la direction et l'intensité des secousses. Ces observations ont été croisées avec les archives historiques des séismes.
Prévision des risques
Le dernier séisme majeur ayant frappé la région de Chamba date de 1555, avec une magnitude de 7,6 sur l'échelle de Richter. Son épicentre se trouvait à 200 km au nord-ouest, près de la vallée de Srinagar. Ainsi, la zone entre Chamba et Srinagar n'a pas connu de séisme majeur depuis 451 ans. « La tension accumulée pourrait générer un événement aussi destructeur que celui de 2005, qui a ravagé l'est du Cachemire », alerte Joshi.