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Les Belges au Brésil : une histoire méconnue de contributions pionnières

Si nos athlètes brillent aux JO de Rio, ils ne sont pas les premiers Belges à marquer l'histoire du Brésil.

Les Belges au Brésil : une histoire méconnue de contributions pionnières

Nos athlètes olympiques à Rio ne seront pas les premiers Belges à écrire l'histoire du Brésil. Bien avant eux, de nombreux compatriotes ont contribué à son développement : construction de chemins de fer, fondation de colonies agricoles, projets prestigieux, et même la détermination de l'emplacement de Brasilia.

Bien avant l'indépendance de la Belgique et du Brésil, des liens existaient déjà entre les deux régions. Preuve à Santos : les ruines du moulin à sucre du XVIe siècle, Engenho São Jorge dos Erasmos, considérée comme la plus ancienne trace de commerce entre le Brésil et l'Europe. Construit vers 1530 par le gouverneur portugais Martin Afonso de Sousa, il passa ensuite aux mains de l'Anversois Erasmus Schetz, ancêtre de la famille d'Ursel.

Erasmus Schetz, grand commerçant anversois actif jusqu'en Russie et propriétaire de mines à Kelmis près de Liège, entretenait des contacts avec l'empereur Charles Quint. Il n'y mit jamais les pieds, mais une lettre de 1548 décrit le site avec ses 130 esclaves. Après sa mort, ses fils, dont Gaspar, prirent la relève, importèrent vêtements et art religieux d'Anvers. Des pirates hollandais détruisirent le moulin en 1615, alors que la production sucrière migrait vers le nord.

Autre denrée lucrative : les diamants brésiliens, découverts au XVIIIe siècle. Initialement une menace pour Anvers, ils y affinèrent les compétences des tailleurs, propulsant la Belgique au sommet.

Diplomates et chasseurs de plantes
En 1822, Dom Pedro proclame l'indépendance du Brésil. En 1834, le peintre Benjamin Mary devient le premier diplomate belge à Rio. Ses dessins enrichissent la Flora Brasiliensis de Martius, dont les collections rejoignent l'herbier de Meise.

Dans les années 1830, une expédition belge inclut le botaniste Jean Linden, "maître des orchidées", qui introduit de nombreuses espèces en Europe. Louis van Houtte et d'autres Ghentois renforcent la primauté belge en horticulture.

Rêves d'un nouveau départ
Au XIXe siècle, des colons fondent des villages dans le sud (Paraná, Santa Catarina, Rio Grande do Sul). Charles Van Lede de Bruges initie Ilhota en 1844, malgré échecs et revirements. Les familles s'intègrent, traces visibles dans les noms de rues.

Marie Van Langendonck, pionnière, exhorte l'empereur Pedro II. Autres tentatives : Pedro Lisa (Rio de Janeiro), Porto Feliz (São Paulo).

Ces efforts s'inscrivent dans l'immigration européenne post-esclavage (1889), pour la culture du café. 793 Belges recensés à São Paulo via l'Hospedaria de Imigrantes.

Chemins de fer belges
Sous Léopold II, ingénieurs et capitaux belges excellent. Henri Vleminckx construit l'Estrada de Ferro Dom Pedro II. Gustave Wauthier fonde Vila Belga. Franz Philippson impulse réseaux sudistes et Colonia Philippson. Entreprises belges réalisent Palacio da Liberdade, Confeitaria Colombo, Viaduto Santa Ifigênia.

Au centre du Brésil
Luis Cruls détermine le centre géographique pour Brasilia (1892). Louis Misson inspire l'ESALQ à Piracicaba. Des Brésiliens étudient en Belgique, comme Ramos de Azevedo, introducteur de l'Art nouveau à São Paulo.

Pour Dieu et la Patrie
Prémontrés d'Averbode et 't Park missionnent au Brésil fin XIXe. Norbertine Schoenaers dirige le Collegio São Vicente à Petrópolis.

Le roi Albert à Copacabana
En 1920, Albert Ier et Elisabeth visitent le Brésil, signent un accord commercial. Buste à Rio, Belgo-Mineira naît de ces liens.

Du sport à la théologie de la libération
Gaston Roelants domine la Corrida São Silvestre. Léopold III explore l'Amazonie. Joseph Comblin, théologien de la libération, influent jusqu'en 2011.

Aujourd'hui, liens économiques forts : Callebaut, AB InBev, PME belges.

Cet article a déjà été publié dans Eos Memo. Inscrivez-vous à la newsletter historique d'Eos pour plus d'actualités.

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