À Anvers, des plants de fraisiers ont été utilisés au printemps 2014 comme stations de mesure des particules fines. Première mondiale : une biosurveillance déployée à grande échelle.

Cette initiative résulte d'une collaboration entre StadsLab2050, un espace citoyen dédié au développement urbain durable, et le Département d'ingénierie des biosciences de l'Université d'Anvers. Les chercheurs recrutent au moins 500 volontaires anversois pour entretenir un fraisier de mars à mai 2014. Les fruits sont à conserver par les participants : seule les feuilles intéressent les scientifiques. « Les particules fines déposées sur et dans les feuilles reflètent fidèlement la qualité de l'air local », explique Jelle Hofman, doctorant pilote du projet. L'objectif : établir une carte précise de la pollution atmosphérique à Anvers, grâce à l'analyse de toutes les feuilles.
Actuellement, la qualité de l'air est évaluée via trois stations permanentes en ville, une méthode limitée. Trois points ne permettent pas de cartographier finement la pollution, car les concentrations varient à quelques mètres près. L'équipement professionnel est trop coûteux pour une couverture étendue. Les plantes offrent une alternative : aussi efficaces, plus abordables et faciles à déployer.
Jelle Hofman et ses collègues de l'Université d'Anvers ont préalablement testé mousses, herbes, feuilles d'arbres et plantes. « Les végétaux captent en surface les particules fines magnétisables, comme le fer. Leur concentration magnétique indique le niveau d'exposition à la poussière fine pendant la croissance : plus le signal est fort, plus la pollution est élevée. »
Ainsi, des « zones problématiques » locales ont été identifiées, comme les feuilles de lierre au Park Spoor Noord, riches en métaux. La source probable : un sol pollué d'une ancienne gare de triage, remué par des travaux et dispersé par le vent.
Comparer les espèces est complexe en raison de différences d'absorption. D'où le choix de fraisiers « standardisés » : issus du même producteur bio, génétiquement proches.
Tous les Anversois pouvaient s'inscrire via airbezen@gmail.com, idéalement pour placer le pot côté rue, au rez-de-chaussée. Parmi les volontaires, 500 sites ont été sélectionnés pour la culture de mars à mai. La carte de la qualité de l'air était attendue pour août 2014. (ks)
Plus d'infos : www.uantwerpen.be/airbezen
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