Les glaçons arborent toujours une fine couche d'eau quasi-liquide qui confère à la glace sa surface lisse et glissante.

Il y a plus de 150 ans, le physicien écossais Michael Faraday découvrait que la surface de la glace est recouverte d'une pellicule d'eau quasi-liquide d'épaisseur maximale de 45 nanomètres, invisible à l'œil nu. Cette couche explique pourquoi nous glissons sur la glace et pourquoi les glaciers se déplacent.
Le comportement précis de cette étrange eau surfondue restait un mystère en raison de sa minceur. Une équipe internationale de physiciens a enfin percé le secret grâce à des techniques spectroscopiques avancées. Ils ont analysé les interactions moléculaires en élevant la température de la glace de -38 °C jusqu'au point de fusion à 0 °C.
Quasi-liquide
Les physiciens ont constaté que cette couche quasi-liquide – où les molécules sont plus rapprochées que dans l'eau liquide mais plus éloignées que dans la glace solide – s'épaissit par étapes. De -38 °C à -16 °C, l'épaisseur varie peu. À -16 °C, un seuil critique est franchi : une seconde couche quasi-liquide se forme sous la première.
La différence entre états quasi-liquide et liquide ne s'efface qu'au point de fusion. Au-delà, la glace passe instantanément de l'état solide à liquide, sans phase intermédiaire.