FRFAM.COM >> Science >> Environnement

Fonte accélérée des glaces polaires : preuves irréfutables depuis 1992

Depuis 1992, la fonte des glaces polaires au Groenland et en Antarctique a contribué à une hausse du niveau de la mer de 11 millimètres.

Fonte accélérée des glaces polaires : preuves irréfutables depuis 1992

Presque partout aux pôles, les calottes glaciaires sont en train de fondre. C'est ce que révèle une équipe internationale de scientifiques dans la revue Science, en s'appuyant sur une combinaison de techniques de mesure et de données de dix satellites.

Depuis 1992, la fonte des glaces du Groenland et de l'Antarctique a fait monter le niveau de la mer de 11 millimètres, dont les deux tiers proviennent du Groenland et le reste de l'Antarctique.

Les données antérieures manquaient de clarté sur les régions où les calottes glaciaires fondaient ou s'accumulaient. Les chercheurs ont désormais intégré un volume plus important de données pour analyser l'évolution de la masse glaciaire au Groenland, en Antarctique de l'Est et de l'Ouest, ainsi que sur la péninsule Antarctique. Seule la calotte glaciaire de l'Antarctique oriental montre une légère augmentation, tandis qu'elle diminue partout ailleurs.

L'analyse met en évidence une accélération : les calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique fondent aujourd'hui trois fois plus vite qu'au début des années 1990.

Philippe Huybrechts, glaciologue au Département de géographie de la Vrije Universiteit Brussel, souligne l'importance de cette étude : « Elle synthétise toutes les méthodes disponibles pour estimer l'évolution des calottes glaciaires polaires. On peut mesurer la masse glaciaire via la hauteur (radars ou lasers), les précipitations de neige, les écoulements d'eau ou les variations de la gravité terrestre. Chaque technique a ses limites et nécessite des hypothèses. En combinant ces approches sur de longues périodes, les auteurs réduisent les incertitudes et confirment la perte de masse au Groenland, une légère augmentation en Antarctique oriental, et des pertes moindres en Antarctique occidental que dans certaines études précédentes. » (ddc)

[]