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Progrès décisif en biologie synthétique : cinq chromosomes de levure de boulanger créés artificiellement

Une équipe internationale de généticiens a réussi à fabriquer entièrement en laboratoire cinq des seize chromosomes d'une cellule de levure de boulanger.

C'est ainsi que progresse la vie synthétique. Pour créer une vie artificielle en laboratoire, il faut des blocs de construction : membranes cellulaires, enzymes, protéines, ADN, etc. Afin qu'une cellule synthétique puisse se répliquer elle-même, elle doit coder précisément ces éléments via des gènes dans l'ADN.

Comme l'industrie a besoin de normes pour les vis et écrous, la biologie synthétique repose sur des standards pour les codes ADN. Depuis 2003, le MIT, leader en la matière, maintient une base de données ouverte des BioBricks, plus de 5 000 parties génétiques standardisées.

Ces BioBricks permettent de modifier des cellules existantes, comme transformer E. coli en cellules tueuses ou faire sécréter des substances odorantes, telles que l'odeur de banane.

Chaque année, des équipes étudiantes mondiales participent au concours iGEM du MIT, combinant BioBricks pour ajouter des fonctions à des organismes existants, comme assembler des Lego sans expertise approfondie en génétique. Le trophée ? Un bloc Lego géant.

Sur les seize chromosomes de la levure de boulanger ou de bière, cinq sont désormais construits entièrement de manière synthétique.

Les scientifiques ont déjà créé une bactérie synthétique avec moins de 500 gènes. Une cellule de levure Saccharomyces cerevisiae, dotée d'un noyau comme les cellules animales, en compte plus de 5 000, rendant la tâche bien plus complexe.

Mais l'objectif se rapproche. Une équipe internationale détaille dans sept articles scientifiques les avancées du projet Sc2.0 : cinq des seize chromosomes sont désormais synthétisés, soit 30 % du génome. Cela permet d'apprendre à assembler l'ADN dans le noyau et d'utiliser la machinerie cellulaire. Fait notable : la levure tolère bien les réarrangements génétiques massifs.

Une levure synthétique complète est en vue, mais un chromosome humain synthétique reste lointain : le plus grand assemblé mesure un millième de sa longueur moyenne.

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