Le samedi 29 juin, Sanne de Deurloo, rédactrice en chef de Nemo Kennislink, nous a quittés à l'âge de 51 ans. Chroniqueuse talentueuse et appréciée chez Eos, elle laisse un grand vide.

Image : Tessa Posthuma de Boer
Sanne de Deurloo, rédactrice en chef de Nemo Kennislink, est décédée samedi dernier à l'âge de 51 ans. Eos Science et Kennislink collaborent de manière informelle depuis le début des années 2000. Lors du restyling du magazine Eos au printemps 2016, nous l'avons invitée à rédiger une chronique bimestrielle pour la rubrique Antoni.
La colonne d'échange portait sur des sujets axés sur les personnes, avec des réflexions générales sur le rôle de la science dans la société. Sanne a brillé dans cette tâche jusqu'à l'automne 2017, date à laquelle un diagnostic de cancer du sein l'a contrainte à arrêter. Après une rémission réussie, la maladie est revenue de manière plus agressive l'année dernière.
Avec Sanne, nous perdons une collègue exceptionnelle, qui s'est également engagée en tant que présidente de l'Association néerlandaise du journalisme scientifique. En son hommage, nous republions sa dernière chronique pour Eos, celle du numéro de novembre 2017.
Combien de parents biologiques une personne peut-elle avoir ? Pendant longtemps, cette question semblait absurde. Pour concevoir un enfant, il fallait un homme et une femme : un spermatozoïde de l'un et un ovule avec utérus de l'autre. Un spermatozoïde portant une demi-portion de matériel génétique nucléaire et une queue mobile ; un ovule avec l'autre demi-portion.
Mais aujourd'hui, plus est possible. La gestation pour autrui existe depuis longtemps, où une mère porteuse permet à un fœtus issu de deux autres personnes de se développer. Officiellement, elle n'est pas toujours considérée comme "mère biologique", mais sa contribution est indéniablement biologique.
Il y a peu, est né le premier enfant ayant hérité du matériel génétique (ADN) de trois personnes distinctes. Outre l'ADN nucléaire, nos cellules contiennent de l'ADN mitochondrial dans les mitochondries, ces organites énergétiques transmis par l'ovule.
Les spermatozoïdes ont aussi des mitochondries pour activer leur queue, mais celles-ci sont éliminées à la fécondation. Seules persistent celles de l'ovule.
Au Mexique et en Ukraine, des scientifiques ont aidé des mères incapables de fournir de bonnes mitochondries en transférant l'ADN nucléaire d'un ovule défectueux dans un ovule sain énucléé. Fécondé par un spermatozoïde, cela donne un enfant avec l'ADN nucléaire d'une femme, mitochondrial d'une autre, et paternel : deux mères biologiques et un père.
Il n'y a pas si longtemps est né le premier enfant qui a en fait hérité du matériel génétique de trois personnes différentes.
En principe, on pourrait remplacer l'ADN nucléaire par celui d'un spermatozoïde, créant un enfant (garçon) avec deux pères et une mère porteuse. Ces techniques aident les couples infertiles à avoir un enfant génétique.
Les progrès incluent la fécondation sans spermatozoïdes, via cellules souches pour en fabriquer à partir de peau. Deux hommes ou deux femmes pourraient ainsi avoir un enfant biologique commun. Testé sur souris pour l'instant, avec risques potentiels chez l'humain – comme pour la FIV il y a 40 ans, dont plus de 5 millions d'enfants sont nés en bonne santé.
Les utérus artificiels, testés sur agneaux, promettent d'aider les prématurés et bien plus.
Les gens sont prêts à aller loin pour avoir leur propre enfant. Que ce « sentiment primordial » soit vivant est démontré à maintes reprises dans les cliniques de fertilité.
Les cliniques de fertilité déploient ces innovations. Qui sommes-nous pour entraver le bonheur d'autrui ? Si cela blesse, concentrons-nous sur notre vie. Pourtant, ces changements redéfinissent le "normal" depuis la première FIV.
Les nouvelles techniques influencent notre vision de ce qui est "normal".
Discutons de ces avancées en médecine reproductive et de leur impact. L'essentiel pour un enfant : une famille stable et aimante, sans secret sur ses origines. Mais qu'implique-t-il d'avoir trois parents ou un utérus artificiel ? Un jour, une grossesse en utérus artificiel sera-t-elle "normale" pour éviter les risques ?
La conception traditionnelle dominera probablement, mais l'avenir réserve des surprises.
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