Le mystère de la matière noire reste plus opaque que jamais.

L'astronome américaine Vera Rubin nous a quittés. Dans les années 1970, avec son collègue Kent Ford, elle a mis en lumière le enigma de la matière noire. Quarante ans plus tard, ce puzzle demeure irrésolu, et s'approfondit même.
Rubin et Ford ont observé que les régions périphériques des galaxies tournent à des vitesses excessives. Cette anomalie ne s'explique que par la présence d'une matière invisible, exerçant une gravité sans émettre de lumière : des particules élémentaires inconnues, selon les physiciens.
En 2017, le mystère s'intensifie. Malgré des recherches intensives au CERN à Genève et au Gran Sasso en Italie avec des détecteurs ultrasensibles, aucune trace de ces particules n'a été détectée.
Dans l'espace, les collisions attendues produisant des rayons gamma font défaut. Le télescope spatial Fermi n'a rien observé après des années d'analyse, comme le rapporte une étude dans Physical Review D.
Des astronomes italiens, dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, notent une distribution étrange de la matière noire dans les galaxies naines : elle suit celle de la matière visible, contrairement aux prédictions.
Les alternatives comme MOND ou la théorie gravitationnelle d'Erik Verlinde (Université d'Amsterdam) peinent ailleurs, notamment pour expliquer la formation des galaxies et amas galactiques. La matière noire reste indispensable. Pour l'heure, les scientifiques avancent dans l'obscurité.
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