Vera Rubin (1928-2016) est la première astronome à avoir fourni des preuves observationnelles de l'existence de la matière noire. Elle inspire particulièrement Bieke Broux (UHasselt), chercheuse en sclérose en plaques, qui montre comment concilier famille et carrière scientifique.
Vera Rubin a démontré l'existence de la matière noire, cette composante invisible et mystérieuse représentant environ 30 % de l'univers. Bieke Broux explique : « Rubin a observé les galaxies et mesuré leurs vitesses de rotation. Ses observations contredisaient les théories de l'époque. Elle a prouvé qu'une matière invisible influençait cette rotation. »

Vera Rubin est une héroïne scientifique pour Bieke Broux. Elle a ouvert la voie dans l'astronomie, un domaine alors dominé par les hommes, guidée par sa pure curiosité. Broux admire aussi sa capacité à élever quatre enfants tout en excellant en recherche. Rubin déclarait : « Avoir une famille et une carrière était très difficile, mais c'est faisable. » Tous ses enfants ont obtenu un doctorat en sciences.
« Le ratio hommes/femmes reste équilibré chez les doctorants, mais à chaque échelon supérieur de la hiérarchie académique, les femmes décrochent. » Bieke Broux
Mère de deux jeunes enfants, Bieke Broux parvient à combiner recherche et vie familiale, comme le soulignait Rubin. « La nouvelle génération de femmes scientifiques perce vers les sommets, mais les chiffres le montrent : le ratio est bon au niveau doctoral, puis décline à chaque promotion. »
« Cela s'explique souvent par la situation familiale. L'âge des transitions clés (post-doc à professeur, 30-35 ans) coïncide avec les naissances. Les femmes font une pause pour grossesse et maternité, et assument souvent plus de responsabilités familiales, tandis que les hommes avancent plus vite. »

« Les financements accordent des reports pour maternité lors d'un doctorat, mais pas ensuite. Cela creuse les écarts en termes de publications lors des sélections ou promotions, empêchant une parité au sommet des universités. »
Pour changer cela, Bieke Broux a créé un comité genre et diversité à l'Université de Hasselt lors du premier confinement. « Le 12 février, nous organisons un événement en ligne pour la Journée internationale des femmes et de la science, avec débats, témoignages et conférenciers inspirants. »
« J'espère trouver des pistes pour des traitements paralysant complètement la sclérose en plaques. » Bieke Broux
Bieke Broux étudie les causes de la sclérose en plaques (SEP) à l'Université de Hasselt. Cette maladie auto-immune attaque le cerveau et la moelle épinière.

Les cellules immunitaires endommagent la myéline, couche isolante des nerfs, perturbant la transmission des signaux nerveux. Résultat : paralysie, troubles visuels ou cognitifs. Vingt-cinq traitements existent, mais pas de guérison.
La SEP touche 1 personne sur 1 000. Sa cause reste mystérieuse : facteurs viraux et génétiques (30 % du risque). Broux explore les interactions immunitaires-cérébrales : « Les cellules immunitaires franchissent la barrière hémato-encéphalique. En étudiant cela, nous visons des thérapies précoces pour stopper la maladie. »

Le 12 février, BeWiSe (Belgian Women in Science) propose un programme en ligne : débats, témoignages et conférenciers dont Bieke Broux. Inscrivez-vous jusqu'au 8 février via https://forms.gle/rhYABkRcirxQ2TLZ6. Plus d'infos sur www.bewise.be.