Une équipe de chercheurs britanniques a mesuré ce phénomène en s'appuyant sur les données du satellite astrométrique européen Gaia. Ils ont analysé les informations relatives au flux d'Hercule, un vaste groupe d'étoiles orbitant autour du centre de la Voie lactée à la même vitesse que la barre centrale.
Ces étoiles sont capturées par la gravité de la barre en rotation. Si la rotation de cette barre ralentit, on s'attendrait à ce que les étoiles s'éloignent progressivement, tout en conservant une synchronisation orbitale avec le rythme de la barre.
Les astronomes ont découvert que les étoiles du flux d'Hercule présentent une signature chimique distinctive : elles sont riches en éléments lourds au-delà de l'hélium. Cela indique qu'elles provenaient initialement de régions plus proches du centre galactique, où les étoiles contiennent jusqu'à dix fois plus d'éléments lourds que dans le reste de la Voie lactée.
De cette observation, les chercheurs déduisent que la barre, qui abrite des milliards de masses solaires de matière, a ralenti d'au moins 24 % depuis sa formation. Ils attribuent ce freinage à l'effet de traînée exercé par la matière noire dans le halo externe de notre galaxie.
Image : Vue d'artiste de notre galaxie, la Voie lactée. (Pablo Carlos Budassi/Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0))