Il semble que la question ne soit plus de savoir si nous découvrirons la vie extraterrestre, mais quand. Mais est-ce vraiment le cas ? En sommes-nous certains ?
La vie extraterrestre a récemment refait l'actualité. Un consensus apparent émerge : la probabilité de son existence est jugée très élevée, "à la limite de la certitude". Pourtant, cette affirmation mérite d'être examinée sous différents angles : statistique, cosmologique ou empirique, géologique.
Le 14 juillet 2015, la sonde New Horizons a survolé Pluton, révélant une planète naine active dépassant les attentes des géologues planétaires. Dès le lendemain, la question fusait : "Y a-t-il de la vie sur Pluton ?" (De Standaard, 15 juillet 2015), arguant que puisque la vie est apparue "facilement" sur Terre, elle pourrait se répéter ailleurs dans le Système solaire.
Le 20 juillet, le milliardaire Yuri Milner lançait la Breakthrough Listen Initiative, une chasse aux signaux intelligents soutenue par Stephen Hawking ("Stephen Hawking soutient la recherche majeure de vie extraterrestre", De Standaard, 20 juillet 2015). Le 23 juillet, la NASA annonçait Kepler-452b, une super-Terre (1,6 fois le diamètre terrestre) dans la zone habitable d'une étoile semblable au Soleil ("La mission Kepler découvre un cousin plus grand et plus âgé de la Terre", NASA). Cela relance le débat : existe-t-il une vie extraterrestre ? ("La découverte d'une planète semblable à la Terre rapproche la vie extraterrestre", De Standaard, 24 juillet 2015).
Plus nous détectons d'exoplanètes aux traits terrestres (diamètre, rocheuse, zone habitable), plus la croyance en une vie probable grandit. Cet argument statistique repose sur les milliards d'étoiles possédant des systèmes planétaires, donc un nombre incalculable de "clones terrestres". Comment la vie n'émergerait-elle pas ailleurs ?
Mais cette "probabilité à la limite de la certitude" tient-elle ? Du point de vue géologique terrestre, les chances semblent infimes. La Terre reste l'unique cas connu abritant une vie intelligente, persistante depuis près de 4 milliards d'années.
L'origine de la vie demeure mystérieuse : unique ou multiple, avec des échecs effacés par la violence primitive de la Terre ? Toute vie actuelle descend du dernier ancêtre commun universel (LUCA), il y a environ 3,8 milliards d'années, avant la fin du Bombardement lourd tardif. La Terre jeune était un océan global sous une atmosphère de CO₂ dense, sans ozone, avec une activité volcanique intense au fond des mers et une minéralogie simple (500 minéraux).
Les sources hydrothermales océaniques offraient un milieu chimiquement réactif. Mais la vie y émerge-t-elle "facilement" ? Ou exige-t-elle des conditions Goldilocks – pile ce qu'il faut – rendant l'abiogenèse hautement improbable ?
Maintenir et faire évoluer la vie est un autre défi. Sur Terre, les conditions stables depuis 4 milliards d'années, malgré un Soleil croissant, résultent d'une autorégulation incluant la vie (oxygénation atmosphérique). La multicellularité n'émerge qu'après 3,5 milliards d'années ; l'intelligence, bien plus tard. La planète a évité les impacts stérilisants, aidée par Jupiter et la Lune. Encore des coïncidences rares ?
Malgré les stats optimistes, l'histoire terrestre suggère que la vie est un phénomène "improbable à la limite de la certitude". Créer, maintenir et complexifier la vie dans un cosmos hostile semble exceptionnel. Nous pourrions bien être seuls... sans preuve absolue.
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