Le rover ExoMars représente la première mission européenne visant à déployer une plate-forme mobile sur Mars. Doté d'un foret unique capable de prélever des échantillons jusqu'à 2 mètres de profondeur, il offre une opportunité inédite d'explorer le sous-sol martien.



Depuis les années 1970, les scientifiques traquent les preuves de vie microbienne sur Mars, une découverte qui révolutionnerait notre compréhension de l'univers. Bientôt, les missions Mars 2020 de la NASA et ExoMars (ESA-Roscosmos) intensifieront ces recherches. Contrairement aux précédentes, ExoMars fouillera profondément pour détecter des biosignatures.
Les missions Viking des années 1970 ont échoué à trouver de la vie active mais ont enrichi nos connaissances sur la géologie et l'atmosphère martiennes. Les observations récentes confirment que Mars fut jadis une planète dynamique et potentiellement habitable.
Aujourd'hui, la vie actuelle reste improbable, mais ExoMars cible des vestiges d'une vie éteinte, en évitant les zones potentiellement habitables pour prévenir toute contamination terrestre.
La recherche porte sur des micro-organismes unicellulaires, invisibles à l'œil nu, datant d'il y a 3 à 4 milliards d'années. Sans tectonique des plaques, Mars préserve ses archives géologiques intactes, contrairement à la Terre.
Les micro-organismes laissent des chimiofossiles, biosignatures chimiques distinctes des composés organiques abiotiques (météorites, processus géologiques). Des motifs spécifiques, comme les lipides à chaîne paire ou les acides aminés gauchers, trahissent une origine biologique.
Des microfossiles visibles sont possibles mais rares ; les chimiofossiles offrent de meilleures chances. C'est la mission de MOMA (Mars Organic Molecule Analyzer), instrument principal d'ExoMars.
Les Viking n'ont détecté aucun composé organique en surface en raison du rayonnement et de la chimie oxydante. Curiosity a toutefois identifié des molécules simples, suggérant un potentiel en sous-sol, idéal pour MOMA.
Les sites d'atterrissage, âgés de plus de 3,6 milliards d'années, sont sélectionnés pour leur richesse géologique. MOMA analysera d'abord des échantillons témoins pour exclure toute contamination terrestre, malgré les protocoles de stérilisation rigoureux.
Les preuves s'accumuleront progressivement. Associées aux découvertes de Perseverance (Mars 2020), elles pourraient transformer notre vision de la vie. Bien que improbable, une rencontre avec une vie martienne actuelle n'est pas exclue.
Traduction : Anneleen Huyzentruyt