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À la recherche de l'ADN extraterrestre : la molécule génétique de la vie au-delà de la Terre

Sur Terre, tout être vivant porte un code génétique sous forme d'ADN. Mais la vie extraterrestre repose-t-elle sur une molécule similaire ? Les scientifiques estiment que oui : une structure comparable à l'ADN, mais potentiellement différente.

Prenez une cellule de votre corps : au cœur du noyau, une molécule d'un mètre de long est enroulée en une structure microscopique de quelques micromètres, torsadée à l'infini. C'est votre ADN, le code qui contient toutes les instructions pour construire votre organisme. Sur Terre, de la bactérie sur votre siège de toilette à votre plante d'intérieur ou votre voisin, toute vie contient de l'ADN.

Si nous rencontrions un être vivant d'une autre planète, partagerait-il notre ADN ? Les chercheurs en astrobiologie explorent sérieusement cette question alors que la quête de vie extraterrestre s'intensifie.

Nécessité et hasard

Un code génétique semble indispensable à la vie, un ingrédient fondamental. Est-ce universel ? « Sans aucun doute », affirme Vincent Icke, astronome théoricien à l'université de Leiden et auteur d'un ouvrage sur la vie extraterrestre potentielle.

« L'ADN n'est pas la seule molécule capable de servir de support génétique. Cela nous rend peut-être moins uniques que nous le pensions. » Vincent Icke

Selon Icke, un code génétique est vital pour l'émergence et le développement de la vie. « Nous ignorons presque tout de la vie extraterrestre, mais sur la base de nos connaissances terrestres, certains principes s'imposent. »

Premièrement, la vie repose sur des atomes courants, présents partout dans l'univers. Deuxièmement, l'évolution est incontournable : les organismes doivent s'adapter à leur environnement. L'évolution mêle nécessité (lois chimiques) et hasard, favorisant la transmission d'informations intergénérationnelle via un code génétique.

Similitudes probables

Une molécule codante est essentielle. Sur Terre, c'est l'ADN : une chaîne de maillons composés d'un groupe phosphate (phosphore et oxygène), d'un sucre désoxyribose et de quatre nucléobases (A, T, G, C). Ce code est lu par l'ARN pour synthétiser les protéines.

À la recherche de l ADN extraterrestre : la molécule génétique de la vie au-delà de la Terre

Pour la vie extraterrestre, l'ADN exact est improbable, mais une structure similaire l'est, selon Icke. Composé d'atomes abondants (azote, carbone, hydrogène, oxygène), l'ADN respecte les lois chimiques universelles limitant les variations possibles.

Piet Herdewijn, chimiste à la KU Leuven, partage cet avis : « Sur une planète comme la Terre, riche en oxygène et en eau, la structure – phosphate, sucre, bases – sera proche. » Dans des environnements extrêmes (ammoniac, hautes pressions), des variantes radicales sont concevables.

Molécules alternatives

Quelque chose de similaire à l'ADN, mais différent. Icke spécule : le phosphore rare pourrait être remplacé. Steven Benner, biochimiste à la Foundation for Applied Molecular Evolution (Floride), teste ces hypothèses en laboratoire depuis 30 ans.

« Pour la recherche de vie extraterrestre, il est essentiel de comprendre à quoi cela pourrait ressembler. » Steven Benner

Le phosphate semble irremplaçable, mais Herdewijn a substitué le désoxyribose par d'autres sucres en 2012, préservant la fonction. Benner a créé l'Hachimoji ADN avec huit bases (dont quatre synthétiques), financée par la NASA, capable de coder et transmettre l'information.

Ces travaux montrent que l'ADN n'est pas unique, élargissant notre vision de l'origine de la vie.

Un trio solide

Icke envisage une hélice à trois brins, comme la kératine des cheveux. Stable et résistante aux mutations (système de correction d'erreurs), elle conviendrait à des planètes exposées aux rayons cosmiques.

À la recherche de l ADN extraterrestre : la molécule génétique de la vie au-delà de la Terre

Cependant, elle requerrait plus de matière. L'environnement dicte la forme macroscopique : convergence évolutive comme les ailes de chauves-souris et d'oiseaux, ou les formes hydrodynamiques de harengs et dauphins.

L'environnement détermine la forme

Même avec un code différent, les propriétés physiques imposent des similitudes. Herdewijn prévoit une compartimentation cellulaire pour isoler les réactions métaboliques.

La vie extraterrestre serait probablement microbienne, comme la biomasse terrestre dominée par les algues et bactéries.

Test ADN chez les stars

Ces recherches éclairent l'origine de la vie et affinent les missions (Mars, Europe, Encelade) de la NASA et ESA. Benner : « La NASA finance nos travaux pour détecter mieux la vie extraterrestre. »


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