Un train maglev japonais a établi un record mondial de vitesse à 603 km/h entre Uenohara et Fuefuki. Confortables et silencieux, ces trains à lévitation magnétique restent rares en raison de leurs coûts de construction élevés.

Record impressionnant d'un train maglev japonais. Un train maglev reliant les villes d'Uenohara et Fuefuki a atteint 603 km/h. Sans bruit ni vibrations, il offre un voyage ultra-confortable. Pourtant, cette technologie innovante n'est exploitée que dans quelques pays, principalement en raison des investissements colossaux requis.
Imaginer parcourir la distance New York-Washington (328 km) en une heure seulement, contre deux heures pour l'Amtrak actuel ? C'est possible avec un maglev, plus rapide qu'un avion sur certaines distances, en tenant compte des temps d'accès aéroportuaires. The Northeast Maglev (TNEM), basée à Washington, prépare un tel projet, bénéficiant gratuitement de la technologie brevetée par JR Central au Japon.
Comment atteindre de telles vitesses ? Le maglev flotte au-dessus des rails grâce à la lévitation magnétique, éliminant la friction des roues et ne subissant que la résistance de l'air.
À certaines distances, le maglev surpasse même l'avion.
Deux principaux systèmes existent : électromagnétique (EMS), comme le Transrapid allemand, où des électroaimants attirent et repoussent le train ; et électrodynamique (EDS), utilisé au Japon avec des supraconducteurs refroidis à -265/-270°C pour une lévitation stable à 10 cm. Les EDS nécessitent un démarrage sur roues jusqu'à 100 km/h.
Propulsion et avantages. Un moteur synchrone linéaire génère la poussée via des champs magnétiques alternés. Idéal pour courtes distances grâce à son accélération exceptionnelle, comme l'explique Wouter van Gessel de la Fondation Freedom of Mobility : un maglev Amsterdam-Bruxelles en 73 minutes avec 13 arrêts, contre plus de 100 pour le Thalys.
Un espace d'1 cm rend l'EMS vulnérable à la neige et à la glace.
Pour van Gessel, le maglev intègre interurbain et grande vitesse. Rob Goverde (TU Delft) tempère : infrastructure dédiée incompatible avec réseaux existants.
Projets mondiaux. Shanghai Maglev (430 km/h depuis 2004) est le plus rapide commercialement. Japon : Tokyo-Nagoya en 40 min (500 km/h). USA : Northeast Maglev et réseau Interstate (46 000 km d'ici 2030). Autres : Inde (Pune-Bombay), ex-projets UK/Allemagne abandonnés.
Obstacles : coûts et infrastructure séparée. Amtrak vise 220 km/h à moindre frais. Goverde note : "Plus de vitesse = plus d'énergie ; une allure modérée optimise l'efficacité."
Applications urbaines. À Pékin, un maglev à 100 km/h pour 600 passagers, 75% moins cher qu'un métro léger, sur 11 km dès 2015.
Infrastructure dédiée : principal frein au maglev.
Conclusion : malgré l'innovation, le maglev peine hors niches, face à l'évolution des TGV traditionnels.
Article initialement publié dans Eos juillet/août 2014.
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