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L'intelligence artificielle : menace ou atout pour l'humanité ? Avis d'experts

Les avancées en intelligence artificielle (IA) suscitent un mélange d'enthousiasme et d'appréhension, même chez les chercheurs spécialisés. Une vaste enquête le confirme.

L'IA a marqué 2018 de son empreinte et continuera de dominer 2019 et les années suivantes. Cette technologie polyvalente et disruptive pourrait transformer la société aussi profondément que l'automobile, Internet ou la téléphonie mobile l'ont fait auparavant.

Faire quelque chose soi-même sans IA devient impossible

Mais dans quel sens évolue-t-elle ? Cette question revient souvent. Bien que l'IA en soit à ses débuts, ses implications pour l'humanité interrogent déjà. Une étude de Pew Research Center, think tank américain, a sondé près d'un millier d'experts – chercheurs, développeurs, décideurs politiques et entrepreneurs – impliqués dans son développement. Leur verdict ? Un équilibre entre optimisme et inquiétudes.

Pas de scénario Terminator imminent

"L'IA améliorera-t-elle l'humanité ?" La réponse n'est pas unanime. Stephen Hawking la qualifiait de "potentiellement dangereuse", tandis qu'Elon Musk, PDG de Tesla, évoquait un risque de Troisième Guerre mondiale liée à la course à l'IA suprême.

Précision importante : ils visent l'"IA forte" ou "générale", capable de penser et d'apprendre autonomously, distincte des systèmes experts spécialisés comme le pilotage autonome des Tesla ou la reconnaissance faciale aéroportuaire. Le terme IA, souvent galvaudé, englobe tout cela, ce qui complique le débat. Les systèmes experts, bien qu'intelligents, ne risquent pas de déclencher une apocalypse nucléaire.

L'enquête Pew Research révèle que les experts ne redoutent pas un soulèvement machine à la Skynet, mais s'inquiètent des impacts à long terme sur l'humain.

Les cinq risques majeurs identifiés par les experts :

  1. Perte de contrôle et d'autodétermination : les décisions automatisées réduisent l'influence citoyenne et la transparence, au détriment de la vie privée. "La commodité l'emporte sur la confidentialité, et cela persistera", note Michael M. Roberts, pionnier d'Internet.
  2. Atrophie des compétences humaines : dépendance aux algorithmes érode connaissances, initiative et collaboration sans IA.
  3. Absence d'éthique : boîtes noires programmées sans valeurs morales, risquant des abus par entreprises ou gouvernements, comme la surveillance abusive via reconnaissance faciale.
  4. Chômage massif : "Une grande partie de la population perdra définitivement son emploi", alerte Amy Webb (NYU). De nouveaux postes émergeront, mais les disruptions sociales pourraient mener à des soulèvements.
  5. Chaos géopolitique : armes autonomes, cyberattaques IA-amplifiées ou guerres informationnelles. "D'ici 2030, l'IA rendra la guerre plus efficace et nous désensibilisera", prévient Simon Biggs (Université d'Australie-Occidentale).

Une coopération mondiale indispensable

Liste alarmiste, mais nuancée : 63 % des experts estiment que l'IA améliorera la vie humaine d'ici 2030.

Les systèmes experts boostent santé et soins : diagnostics rapides, économies et thérapies précoces ; ou santé publique via analyses massives (nutrition).

Logiciels intelligents optimisent transports, bâtiments et villes, sauvant temps, argent et vies. "D'ici 2030, collaborer avec les machines sera obligatoire face aux accélérations technologiques, climatiques et migratoires", prédit Barry Chudakov (Sertain Research).

Exploiter ces bénéfices exige de contrer les risques. Les experts plaident pour :

  • Adaptation économique et politique face au chômage (revenu universel ?).
  • Collaboration globale inédite au-delà des frontières.
  • Dotation des IA en valeurs éthiques et empathie, pour refuser ordres inhumains.

Cela requiert une approche "moonshot" : programmation ambitieuse, régulation et certification. "Travaillons agressivement pour aligner la technologie sur nos valeurs humaines", exhorte Erik Brynjolfsson (MIT).

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