Les avancées en intelligence artificielle (IA) suscitent un mélange d'enthousiasme et d'appréhension, même chez les chercheurs spécialisés. Une vaste enquête le confirme.
L'IA a marqué 2018 de son empreinte et continuera de dominer 2019 et les années suivantes. Cette technologie polyvalente et disruptive pourrait transformer la société aussi profondément que l'automobile, Internet ou la téléphonie mobile l'ont fait auparavant.
Faire quelque chose soi-même sans IA devient impossible
Mais dans quel sens évolue-t-elle ? Cette question revient souvent. Bien que l'IA en soit à ses débuts, ses implications pour l'humanité interrogent déjà. Une étude de Pew Research Center, think tank américain, a sondé près d'un millier d'experts – chercheurs, développeurs, décideurs politiques et entrepreneurs – impliqués dans son développement. Leur verdict ? Un équilibre entre optimisme et inquiétudes.
"L'IA améliorera-t-elle l'humanité ?" La réponse n'est pas unanime. Stephen Hawking la qualifiait de "potentiellement dangereuse", tandis qu'Elon Musk, PDG de Tesla, évoquait un risque de Troisième Guerre mondiale liée à la course à l'IA suprême.
Précision importante : ils visent l'"IA forte" ou "générale", capable de penser et d'apprendre autonomously, distincte des systèmes experts spécialisés comme le pilotage autonome des Tesla ou la reconnaissance faciale aéroportuaire. Le terme IA, souvent galvaudé, englobe tout cela, ce qui complique le débat. Les systèmes experts, bien qu'intelligents, ne risquent pas de déclencher une apocalypse nucléaire.
L'enquête Pew Research révèle que les experts ne redoutent pas un soulèvement machine à la Skynet, mais s'inquiètent des impacts à long terme sur l'humain.
Liste alarmiste, mais nuancée : 63 % des experts estiment que l'IA améliorera la vie humaine d'ici 2030.
Les systèmes experts boostent santé et soins : diagnostics rapides, économies et thérapies précoces ; ou santé publique via analyses massives (nutrition).
Logiciels intelligents optimisent transports, bâtiments et villes, sauvant temps, argent et vies. "D'ici 2030, collaborer avec les machines sera obligatoire face aux accélérations technologiques, climatiques et migratoires", prédit Barry Chudakov (Sertain Research).
Exploiter ces bénéfices exige de contrer les risques. Les experts plaident pour :
Cela requiert une approche "moonshot" : programmation ambitieuse, régulation et certification. "Travaillons agressivement pour aligner la technologie sur nos valeurs humaines", exhorte Erik Brynjolfsson (MIT).
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