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Un algorithme innovant restaure les inscriptions grecques antiques en un clin d'œil

Un nouvel algorithme permet de restaurer les anciennes inscriptions grecques perdues d'un simple clic. Mais est-ce aussi simple que cela en a l'air ?

Une équipe de chercheurs de l'université d'Oxford a développé ce qui pourrait être la Pierre de Rosette du XXIe siècle. Découverte en 1799, cette stèle de granit a permis de déchiffrer les hiéroglyphes. De prime abord, l'algorithme Pythia, créé en collaboration avec DeepMind (Google), comble une lacune similaire.

Pythia tire son nom de l'ancienne prêtresse de l'Oracle de Delphes, connue pour ses réponses cryptiques que les visiteurs devaient interpréter. De même, cet algorithme complète les fragments manquants des inscriptions grecques gravées sur pierre ou métal, effacés par le temps.

Un algorithme innovant restaure les inscriptions grecques antiques en un clin d œil

L'algorithme imite le fonctionnement du cerveau humain

Formé sur plus de 35 000 textes grecs anciens contenant 3 millions de mots, Pythia a été entraîné en masquant systématiquement les premières lettres ou mots. Il s'appuie sur des réseaux de neurones artificiels modélisant le cerveau humain : reconnaissance de motifs basée sur la grammaire, la linguistique, le contexte historique, ainsi que la forme et la mise en page des lettres.

Les chercheurs ont démontré, via un test comparatif, que Pythia surpasse les humains en vitesse et en précision. Il restaure des textes en quelques secondes, alors qu'un panel d'étudiants en épigraphie de fin d'études a mis deux heures avec 20 % d'erreurs supplémentaires. « Preuve du potentiel de l'IA pour l'étude des inscriptions sur pierre ou métal », déclare Thea Sommershield, co-auteure de l'étude.

L'expertise humaine reste indispensable

Restaurer des textes perdus en un clic ravit les historiens. Pourtant, un examen approfondi nuance cet enthousiasme. D'abord, la marge d'erreur de Pythia atteint 30,1 % sur les textes testés.

Ensuite, l'algorithme ne travaille pas seul : il propose une liste d'hypothèses, jusqu'à 20 variantes. « La reconnaissance algorithmique doit être validée et affinée par un expert », explique la professeure Philippa Steele (Cambridge). « Pythia fournit des pièces de puzzle, mais c'est à l'humain de les assembler, idéalement pour des textes courts avec fragments manquants limités. »

Troisièmement, la classiciste Geneviève Lively (Alan Turing Institute) précise : « Pythia n'a été testée que sur des tablettes grecques anciennes. Son efficacité sur d'autres supports, comme les rouleaux de papyrus égyptiens endommagés, reste inconnue. »

Sources : New Scientist et The Science Times


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