Les humains transpirent pour réguler leur température corporelle. Désormais, les robots peuvent en faire autant, et même trois fois plus efficacement.
Des chercheurs américains et italiens dévoilent cette avancée dans la revue Science Robotics (2020). Ils ont conçu une main robotique en matériau souple semblable au caoutchouc, idéale pour des tâches délicates comme l'emballage de fruits fragiles. Cependant, ce caoutchouc isolant favorise la surchauffe. Inspirés du mécanisme humain de transpiration, les scientifiques ont intégré un réservoir de liquide et de minuscules pores via impression 3D. À hausse de température, les pores s'ouvrent, le fluide s'écoule en surface et s'évapore, refroidissant ainsi le robot.
Seppe Terryn, roboticien à la Vrije Universiteit Brussel (non impliqué dans l'étude), applaudit cette approche novatrice : « Surtout cette nouvelle façon de penser. Reste à vérifier si ce système surpasse les méthodes de refroidissement existantes. »

Seppe Terryn développe aussi des robots mous. Lauréat l'an dernier de notre prix Eos Pipet pour ses travaux sur l'auto-réparation robotique, il compare cela à notre peau : « Une coupure déclenche des processus de guérison immédiats. Nos robots auto-réparateurs imitent cela. Jusqu'à récemment, la chaleur était nécessaire ; nous visons désormais une guérison spontanée à température ambiante. À terme, des capteurs signaleront les dommages, comme nos récepteurs de douleur. »