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La laitue : de la plante aphrodisiaque égyptienne à l'anaphrodisiaque des anciens Grecs

La laitue, salade incontournable des jardins potagers, arbore aujourd’hui une image innocente. Pourtant, dans l’Égypte antique (vers 4500 av. J.-C.), elle était liée à Min, dieu de la reproduction et de la fécondité, souvent représenté ithyphallique. Cette symbolique découle probablement de la sève laiteuse blanchâtre de la laitue vireuse (Lactuca virosa), évoquant le sperme. Cette association persiste en Égypte moderne, où l’on lui prête des vertus aphrodisiaques. Son suc séché est parfois fumé pour stimuler l’érotisme, bien que son efficacité reste non prouvée.

La plante des eunuques

À l’opposé, les Grecs anciens, notamment les pythagoriciens du Ve siècle av. J.-C., la nommaient « la plante des eunuques » en raison de son effet sédatif supposé sur l’appareil génital. Elle contient la lactucine, un alcaloïde aux effets morphiniques légers, reconnus comme sédatifs au fil des siècles, en faisant un symbole de chasteté.

Considérée comme éteignant le désir sexuel et favorisant l’impuissance, la laitue devint l’anaphrodisiaque par excellence. Au Moyen Âge, les moines en consommaient pour réfréner leurs pulsions. Les graines de laitue vireuse servaient même de drogue contre les « pollutions nocturnes ».

Dioscoride (25-90 apr. J.-C.) affirmait : « Les graines et le suc de la laitue empêchent les pertes séminales nocturnes et les relations sexuelles ». Pline l’Ancien (23-79) ajoutait : « L’eau miellée à la laitue éteint l’effet aphrodisiaque du saturion (sarriette), et sa graine pilée en boisson refrène les rêves érotiques ». Dans le langage des fleurs, elle symbolise ainsi l’apaisement des sens.

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