FRFAM.COM >> Science >> Plantes &Animaux

Montsechia vidalii : la plus ancienne plante à fleurs identifiée, datée de 125-130 millions d'années

Une équipe internationale de paléontologues, dirigée par le professeur David Dilcher (Université d’Indiana, Bloomington, États-Unis), incluant les Français Bernard Gomez et Véronique Daviero-Gomez (Université Lyon 1), Clément Coiffard (Muséum de Berlin, Allemagne) et Carles Martín-Closas (Université de Barcelone, Espagne), a publié mi-août dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) la découverte du plus ancien angiosperme connu. Il s’agit de Montsechia vidalii, une plante à fleurs du Crétacé inférieur, âgée d’environ 125 à 130 millions d’années.

Une plante aquatique issue des anciens lacs espagnols

Contemporaine des grands dinosaures, cette plante aquatique poussait dans des lacs espagnols, dans des régions aujourd’hui montagneuses comme la chaîne Ibérique et les Pyrénées. Les premiers fossiles, découverts au début du XXe siècle dans des dépôts limoneux, avaient été mal interprétés jusqu’à présent.

Une étude récente, initiée en 1998 à Lyon sur des fossiles d’algues d’eau douce de la même zone, a permis d’identifier Montsechia vidalii comme la plus ancienne plante à fleurs connue. Elle est au moins contemporaine d’Archaefructus, autre angiosperme aquatique chinoise découverte en 2002 dans la formation de Jehol (province du Liaoning), jusqu’alors considérée comme la plus ancienne.

Sans fleurs visibles, mais avec des fruits et graines caractéristiques

Plante aquatique sans organes floraux évidents comme des pétales ou des nectaires, Montsechia vidalii accomplit tout son cycle sous l’eau. Son fruit, porté tête en bas, renferme une unique graine, marque distinctive des angiospermes. Elle ressemble à Ceratophyllum (Ceratophyllaceae), une plante aquarium actuelle et probable descendante moderne.

Un rôle clé des dinosaures dans la dispersion des angiospermes ?

Cette datation représente une avancée majeure pour comprendre l’évolution des angiospermes, qui dominent aujourd’hui 90 % des espèces végétales terrestres. Selon Donald Les, professeur d’écologie et de biologie à l’Université du Connecticut, ces travaux aident à reconstituer les événements écologiques ayant favorisé leur rayonnement. Les dinosaures herbivores auraient peut-être co-évolué avec elles, influençant leur diversification par la dispersion des graines.

[]