Environ 300 espèces d'iris existent, originaires principalement des régions tempérées de l'hémisphère Nord. Depuis l'Antiquité, la beauté de cette plante fascine les civilisations. Pour les Égyptiens, l'iris était associé à Horus, le dieu Faucon, l'une des plus anciennes divinités. Symbole du soleil matinal et vespéral, ses couleurs vives et variées en firent le représentant d'un arc-en-ciel reliant ciel et terre.
Iris, déesse grecque de l'arc-en-ciel – la fameuse écharpe d'iris – vierge aux ailes d'or et messagère des bonnes nouvelles des dieux éternels, inspira le nom de la fleur. Emblème du pouvoir divin, elle ornait les parois des palais comme celui d'Akhenaton (vers 1350 av. J.-C.) et de nombreuses sépultures.
Les grands prêtres antiques valorisaient l'iris non seulement pour sa fleur, mais aussi pour la fragrance libérée par la combustion de ses rhizomes. Les médecins y voyaient un remède contre les piqûres de scorpions et serpents, les maux d'estomac et d'autres maux.
On donnait les rhizomes aux enfants pour favoriser la dentition, pratique encore conseillée en France au début du XXe siècle et qui suscite un regain d'intérêt. Inspirés des Grecs, les Romains en faisaient des médicaments. Les rhizomes séchés traitaient les affections respiratoires, aromatisaient le vin et une huile anti-transpiration.
Dans l'Antiquité, les fleurs d'iris étaient sacrées et composaient les bouquets des lieux de culte. Plus tard, l'iris des marais devint l'emblème de la monarchie européenne. Légende ou réalité ? Découvrons cette histoire captivante…
Clovis (466-511), guerrier audacieux et stratège, vainquit les Romains à Soissons en 486 et les Alamans à Tolbiac en 496. En 507, face aux Wisigoths près de Châtellerault, une biche lui indiqua un gué sur la Vienne. Sur l'autre rive, il cueillit un iris des marais (Iris pseudacorus), son nouveau talisman. Victoire assurée ! Il en fit l'emblème des Francs, symbole d'unité royale.
Charlemagne (742-814) encouragea sa culture via le Capitulaire de Villis, qui listait 94 plantes pour les jardins royaux, dont l'iris. Lieux de culte et demeures nobles en étaient ornementés.
Louis VII (1120-1180) adopta l'Iris pseudacorus après une bataille victorieuse. Devenu emblème royal à sa mort en 1180, on l'appela « fleur de Louis », puis « fleur de lys ». Bien que controversée, l'origine reste proche de l'iris, comme le montrent les armoiries.
Originaire de Syrie, l'Iris x germanica, nommé par Linné, fut emblème du Saint-Empire (vers 1180). Aujourd'hui, des milliers d'hybrides multicolores (sauf rouge vif) sont cultivés.
Plus noble que le lys ? L'iris sauvage incarne la liberté.
Olivier de Serres (1539-1619) décrivait en 1600 leurs « fleurs bleues agréables » comme « glaïeuls ». Charles de L'Écluse (1526-1609) pionnier de la reproduction par semis pour de nouveaux coloris, en répertoria 28 dans Ramonium plantarum historia (1601). Les iris barbus arborent une sépale à barbe colorée.
Aux XVIIe-XVIIIe siècles, utilisé en médecine pour les maux de peau et hémorragies, son feuillage protégeait des esprits et de la foudre quand planté sur les toits.
Dès le XIXe siècle, Marie-Guillaume de Bure (mort 1842) multiplia les Iridacées par hybridation. Van Gogh peignit Les Iris (1889) à Saint-Rémy, vendue 53,9 M$ au Getty Museum. Pissarro emportait des iris du jardin de Monet à Giverny.
Évitez les bouquets d'iris : ils fanent vite et tachent. Langage des fleurs : messager de joie. Au Japon, bains purificateurs le 5 mai. Blanc : amour confiant ; bleu : tendre ; jaune : heureux ; rouge brun : ardent ; rose pâle : tendresse.
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