Les champignons jouent un rôle clé en empêchant les forêts tropicales d'être dominées par quelques espèces d'arbres dominantes.

Les forêts tropicales abritent en moyenne environ 200 espèces d'arbres par hectare, contre moins de 60 espèces indigènes au total en Belgique. Dans les régions tempérées, les espèces les plus performantes tendent à monopoliser l'espace, mais pas dans les tropiques.
Pourquoi la richesse spécifique des forêts tropicales persiste-t-elle ? Des chercheurs de l'Université d'Oxford, menés par Robert Bagchi, ont identifié les champignons comme acteurs principaux, validant la théorie de Janzen-Connell formulée dans les années 1970.
Cette hypothèse postule que les ravageurs, notamment les champignons et insectes, limitent la proximité des arbres d'une même espèce, évitant leur domination. Dans une expérience au Belize, des parcelles traitées aux fongicides ont montré jusqu'à 15 % d'espèces en moins, tandis que les insecticides avaient un effet moindre. Trois fois plus de jeunes arbres ont germé sans insectes, mais les champignons s'avèrent déterminants.
Cette étude, publiée dans Nature en 2020, souligne l'importance des champignons pour la biodiversité tropicale.
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