Les barges à queue noire font preuve d'une grande résilience face aux conditions météorologiques extrêmes aux Pays-Bas.

Le printemps 2013 a été exceptionnellement froid en Europe occidentale, avec des températures environ dix degrés inférieures à la normale. Une surprise rude pour les barges à queue noire revenant de leurs quartiers d'hiver aux Pays-Bas. Pourtant, ces oiseaux ont excellé dans leur adaptation, comme le révèlent des scientifiques de l'Université de Groningue dans le Journal of Animal Ecology.
Les observations sur des oiseaux marqués montrent que certains ont retardé leur arrivée en Frise de plus de trois semaines. D'autres ont migré jusqu'à 250 km vers le sud pour des climats plus cléments. Ceux restés en Frise ont consacré jusqu'à un tiers de temps supplémentaire à la recherche de nourriture.
Malgré ce coup de froid, les barges à queue noire ont élevé plus de poussins en 2013 : 51 % étaient encore vivants après le printemps, contre 30 % en 2014. Les chercheurs notent un avantage : le pic d'insectes dans les prairies a culminé plus tard, coïncidant parfaitement avec l'éclosion des poussins. Les autres années, le changement climatique avance ce pic avant la naissance.
La barge à queue noire démontre ainsi sa capacité à s'adapter aux extrêmes climatiques. « C'est une excellente nouvelle, car les modèles prévoient plus de conditions extrêmes », explique l'écologiste Nathan Senner de l'Université de Groningue. « Cependant, ces oiseaux doivent manger plus dans ces situations. Ils le font surtout dans les réserves naturelles : il est crucial de préserver ces refuges. »
Cette étude a mobilisé des scientifiques citoyens qui ont suivi près de 600 barges à queue noire étiquetées. (ddc)
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