Les vers de terre jouent un rôle essentiel dans le cycle des nutriments du sol en décomposant les déchets végétaux. Incroyablement, les toxines végétales ne les affectent pas, grâce à des composés spéciaux produits dans leurs intestins, comme le révèle une étude scientifique.

Les vers de terre jouent un rôle crucial dans le cycle du sol en traitant les déchets végétaux. Les substances toxiques des plantes ne les dérangent pas, grâce à des substances spéciales dans leurs intestins.
Pour se protéger des herbivores, les plantes produisent des polyphénols, des composés chimiques qui perturbent le système digestif des animaux. Ces toxines persistent dans les feuilles mortes et autres déchets végétaux, pourtant décomposés par des organismes comme les vers de terre, sans leur nuire.
Le biologiste Manuel Liebeke, du Max-Planck-Institut für Marine Mikrobiologie en Allemagne, a analysé les sucs intestinaux de vers ayant ingéré ces polyphénols. Il a identifié leur composition chimique et les zones d'activité des toxines.
Ses recherches ont révélé un groupe de surfactants inédits, nommés drilodéfensines (illustrés à droite par spectrométrie de masse). Présents dans quatorze espèces de vers de terre, mais absents chez d'autres annélides, ces composés jouent un rôle clé dans la dégradation du carbone végétal.
Ces tensioactifs neutralisent les propriétés toxiques des polyphénols, à l'image des détergents. Sans eux, les vers de terre ne pourraient digérer les déchets végétaux, compromettant ainsi l'enrichissement du sol.
Les résultats ont été publiés dans Nature Communications en 2020.