Le plancton émet de minuscules particules qui doublent le nombre de gouttelettes dans les nuages au-dessus de l'Océan Austral en été. Ces nuages plus clairs réfléchissent davantage la lumière solaire, contribuant ainsi au refroidissement de la planète.

Selon une étude de l'Université de Washington à Seattle, publiée dans Science Advances, le plancton libère des particules qui doublent le nombre de gouttelettes nuageuses au-dessus de l'Océan Austral en été. Cela génère des nuages plus brillants et réfléchissants, favorisant un effet de refroidissement.
La zone maritime entourant l'Antarctique, entre 35° et 55° de latitude sud, est la région la plus nuageuse de la Terre. Sur terre, les nuages se forment grâce à des aérosols issus du trafic et de l'industrie, qui servent de noyaux aux gouttelettes. Mais au-dessus des océans ? Des images satellites de la NASA, collectées depuis 1999 via un spectroradiomètre, révèlent que la répartition d'une même quantité d'eau en plus de gouttelettes augmente la réflexion solaire : plus de gouttes signifie plus de réflexion.
Les chercheurs américains ont établi un lien direct entre la brillance des nuages et la vie océanique. Les zones à forte densité de gouttelettes correspondent à des eaux riches en plancton, où les températures sont plus basses. Le responsable ? L'émission de gaz soufrés (diméthylsulfure, ou DMS) par le plancton en pleine floraison. Ces molécules gazeuses agissent comme noyaux de condensation pour les gouttelettes.
"Les nuages au-dessus de l'Océan Austral jouent un rôle clé dans le climat mondial. Cette recherche nous aide à mieux comprendre la vulnérabilité de la Terre aux perturbations de la vie océanique causées par l'acidification et le réchauffement", explique le chercheur Dennis Hartmann de l'Université de Washington. (PdJ)