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Les chimpanzés moins altruistes qu'on ne le pensait : une étude révèle leur indifférence

Les chimpanzés ne portent pas secours à leurs congénères sans bénéfice personnel.

Les chimpanzés moins altruistes qu on ne le pensait : une étude révèle leur indifférence

Les chimpanzés se montrent indifférents au sort de leurs semblables, selon une étude internationale publiée en 2020 dans Nature Communications. Les chercheurs concluent que ces primates sont plus égocentriques qu'altruistes.

Dans une expérience, deux chimpanzés ont été placés côte à côte dans des cages adjacentes. L'une contenait une boîte de cacahuètes décortiquées, l'autre une goupille. Dans un scénario, retirer la goupille permettait au voisin d'accéder aux cacahuètes ; dans l'autre, elle bloquait la boîte, l'empêchant d'y parvenir. Dans les deux cas, aucun avantage n'était offert à l'animal manipulant la goupille.

Initialement, les chimpanzés retiraient souvent la goupille, mais leur motivation diminuait rapidement une fois qu'ils réalisaient l'absence de récompense. Aucune différence notable n'a été observée entre les scénarios : ceux qui pouvaient aider leur voisin à obtenir une collation ne le faisaient pas plus souvent que ceux qui pouvaient le priver des cacahuètes.

Cette étude remet en cause la théorie d'un altruisme ancestral partagé avec nos ancêtres communs. Les chercheurs suggèrent que d'autres expériences démontrant un comportement altruiste chez les chimpanzés pourraient résulter de protocoles favorisant involontairement ce type de réactions.

Tout ce que vous dites…

Le primatologue Frans de Waal (Université Emory), qui a lui-même démontré des comportements prosociaux chez les chimpanzés, tempère ces conclusions. « Il existe désormais six études prouvant un comportement prosocial chez les chimpanzés et les bonobos, et une dizaine chez d'autres singes. Les primates non humains sont bel et bien capables d'agir de manière prosociale. »

De Waal inverse la perspective : les résultats négatifs s'expliquent plus facilement que les positifs. « La configuration expérimentale a pu ne pas convenir aux animaux ou ne pas être comprise. Les échecs exigent une auto-critique méthodologique plutôt que de discréditer les succès. »

La primatologue Mariska Kret (Université de Leiden) partage ces doutes, questionnant la compréhension des intentions par les animaux. Elle note aussi que ces chimpanzés, issus d'un refuge et rescapés de conditions traumatisantes – comme la perte de leur mère tuée pour la capture –, pourraient souffrir de troubles psychosociaux influençant leur comportement, à l'image des humains.


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