Il existe des dizaines de groupes d’êtres vivants qui ne sont ni végétaux ni animaux.

De nombreux organismes vivants échappent aux catégories traditionnelles de plantes et d’animaux. Les plantes sont généralement considérées comme immobiles et photosynthétiques, produisant leur énergie à partir de la lumière solaire. Les animaux, quant à eux, se déplacent et se nourrissent d’autres organismes pour leurs besoins énergétiques et moléculaires.
Ces définitions simples sont souvent mises à l’épreuve. Par exemple, l’attrape-mouche de Vénus, bien qu’une plante, capture et digère des proies animales, avec des mouvements rapides. Inversement, des animaux comme les éponges, coraux, moules ou balanes restent fixés toute leur vie.
Ces exemples restent identifiables, mais d’autres organismes sont encore plus énigmatiques, défiant nos classifications binaires.
Anémones de mer : affamées et végétaloïdes
Les anémones de mer sont des animaux, mais leur apparence évoque des fleurs, d’où leur nom. Aristote, pionnier de la classification du vivant, les qualifiait de « zoophytes », hybrides entre animaux et plantes.

Elles se déplacent lentement et capturent des proies avec leurs tentacules urticants. Appartenant aux cnidaires (comme les méduses), elles partagent même des similitudes nerveuses avec les humains, malgré une anatomie distincte.
Pour plus de confusion, l’anémone de mer « Attrape-mouche de Vénus » imite la plante carnivore éponyme, illustrant l’évolution convergente.
Escargots de mer « feuillus » et kleptoplastie
La chlorophylle définit les plantes via la photosynthèse. Pourtant, certains animaux pratiquent la kleptoplastie : ils volent des chloroplastes aux algues mangées.
L’escargot de mer Elysia chlorotica, surnommé « feuille rampante », intègre ces chloroplastes pendant des mois pour la photosynthèse et le camouflage. Le nudibranche Pteraeolidia ianthina va plus loin en conservant des cellules algales entières.
Souvent regroupés sous « protistes », ces organismes combinent prédation animale et photosynthèse végétale pour maximiser leur énergie solaire.
Forêts d’algues : ni plantes, ni simples unicellulaires
Les algues, aquatiques, vont des unicellulaires aux formes multicellulaires évoquant des plantes, sans racines ni feuilles véritables. Elles photosynthétisent mais ont évolué séparément.

La laitue de mer (Ulva), l’algue nori (sushis), le dulse rouge (goût de bacon frit) ou le varech (forêts sous-marines jusqu’à 80 m) sont des algues, pas des plantes : vertes, rouges ou brunes.
Champignons : géants du royaume fongique
Mis dans la case « légumes », les champignons forment un royaume distinct, plus proche des animaux que des plantes. Immobiles comme les végétaux, ils se nourrissent par décomposition ou parasitisme, sans photosynthèse.

Certains, comme Armillaria (champignon du miel géant), couvrent 9 km², pèsent 35 000 tonnes et vivent 2 400 ans, ravageant les forêts via la pourriture racinaire.
La nature regorge de diversité, belle et complexe, défiant nos simplifications. Cette richesse inspire même notre gastronomie.
Traduction : Marc Lebailly