Les épaulards sont réputés pour leur puissance prédatrice, mais ceux qui évoluent au large des côtes ouest de l'Australie se distinguent par une impitoyabilité exceptionnelle.
Ces individus, génétiquement distincts des autres populations mondiales, excellent dans l'art de la chasse. Une étude récente, analysant trois épaulards tués dans la baie de Bremer, révèle que ces pods ciblent la proie ultime : les baleines bleues. Cela confirme que les orques pourraient être les seuls prédateurs naturels des rorquals bleus adultes.
Heureux de partager notre nouvelle publication faisant état des premiers enregistrements de #épaulards prédateurs des plus gros animaux de la planète - les baleines bleues. Il s'agissait d'un effort de collaboration entre scientifiques et opérateurs touristiques. Le #Bremer #orca nous apprend encore quelque chose de nouveau ! Lien ci-dessous pic.twitter.com/8Gn0It9RvK
— Dr Bec Wellard (@DrBecWellard) 24 janvier 2022
De nombreux témoignages attestent des attaques d'orques sur d'autres grands mammifères marins, comme les jeunes baleines à bosse ou les petits rorquals. Mais les baleines bleues représentent un défi inédit : les adultes mesurent jusqu'à 33 mètres (110 pieds) et pèsent environ 150 tonnes (300 000 livres), faisant d'elles les plus gigantesques créatures de la planète. Même les nouveau-nés, avec 7 mètres (23 pieds) et 2 700 kg (6 000 livres), dominent la mégafaune.
Ces orques de Bremer Bay n'hésitent pas. Entre 2019 et 2021, trois chasses distinctes ont été observées : des pods de 12 à 24 individus pourchassant un rorqual bleu solitaire, le harcelant et le mutilant pendant une heure. Une fois épuisé, elles le noient avant de le démembrer.
Toutes suivent une tactique similaire : arrachage alterné des nageoires et de la tête, puis formation pour l'écraser. Dans deux cas, elles ont prélevé la langue, un organe plus lourd qu'un éléphant. Les femelles âgées dirigent les assauts, et le groupe entier, aidé d'autres pods et d'oiseaux marins, partage la dépouille.
"Les épaulards de Bremer Bay réécrivent ce que nous pensions savoir de l'espèce", déclare Rebecca Wellard, fondatrice du projet ORCA et co-auteure de l'étude, dans une interview au New York Times. L'étude note toutefois des cas isolés ailleurs, comme une vidéo de 2016 au large du Mexique montrant des orques mâles s'attaquant à une baleine bleue.
Les observations, complétées par des images de drones et des témoignages de croisières, offrent l'analyse la plus détaillée de ce comportement surprenant, même pour les experts aguerris.
"Avec la reconstitution des populations de rorquals bleus, les orques redécouvrent une proie absente depuis 50 à 100 ans", explique Robert Pitman, biologiste marin à l'Oregon State University et co-auteur, à Gizmodo. "C'est un aperçu de l'océan pré-exploitation des grands prédateurs."
Correction (1er février 2022) : Le poids maximal d'un rorqual bleu adulte a été corrigé à 150 tonnes (300 000 livres).