Génétiquement, les ancêtres des Romains se distinguaient peu des autres peuples de la péninsule italique. Pourtant, les Étrusques parlaient une langue radicalement différente.
Photo : Un bel exemple d'art du bronze étrusque (Crédit : Daderot, CC0, via Wikimedia Commons)
L'Étrurie, terre des Étrusques à son apogée aux VIIe et VIe siècles av. J.-C., englobait les régions actuelles de Toscane, d'Ombrie et parties du Latium. Première grande civilisation italienne, elle était renommée en Europe pour sa poterie fine et son travail des métaux. Des artefacts étrusques ont même été découverts dans une tombe celtique du Limbourg.
Les Étrusques se singularisaient aussi par leur organisation sociale : les femmes y jouissaient d'une égalité bien supérieure à celle observée ailleurs en Méditerranée. Leur langue, l'étrusque – encore partiellement indéchiffrée –, n'appartient ni à la famille indo-européenne (origine de la plupart des langues européennes modernes) ni aux langues sémitiques. Les historiens antiques en conclurent une origine étrangère. Hérodote évoquait les îles égéennes et l'Asie Mineure (actuelle Turquie).
Cependant, les analyses d'ADN sur des restes humains de douze sites archéologiques italiens, dont plusieurs étrusques, révèlent un tableau différent. Génétiquement, les Étrusques étaient très proches des autres peuples italiques comme les Latins et les Romains. Les chercheurs estiment qu'ils vivaient en péninsule italienne depuis des siècles, voire des millénaires.
L'origine des Étrusques remonterait ainsi à l'immigration des peuples des steppes en Europe à l'âge du bronze, au IIIe millénaire av. J.-C. Curieux paradoxe : ces steppes introduisirent les langues indo-européennes, tandis que l'étrusque demeure un mystère.
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