En combinant les images de satellites européens et américains, des chercheurs ont percé le mystère des aurores à hautes latitudes.

De nombreuses questions subsistent sur la formation des aurores boréales. Grâce aux données des satellites Cluster de l'ESA et IMAGE de la NASA, une équipe internationale a révélé l'origine des aurores se produisant à des latitudes élevées.
L'aurore boréale, spectacle lumineux nocturne, est la manifestation la plus spectaculaire de l'interaction entre le vent solaire et le champ magnétique terrestre. Pourtant, ce phénomène reste en partie énigmatique.
Les aurores classiques forment un anneau ovoïde entre 65° et 70° de latitude nord et sud, dit "ovale auroral". À l'intérieur se trouvent les "calottes polaires" magnétiques (distinctes des calottes glaciaires).
La formation des aurores dépend de l'orientation du champ magnétique interplanétaire, dictée par le Soleil et en perpétuelle évolution. Quand ce champ pointe vers le nord, des aurores apparaissent dans les calottes polaires, au-delà de l'ovale. Un cas emblématique est l'aurore theta : vue de haut, elle évoque la lettre grecque Θ, avec une ligne centrale traversant l'ovale.
Si les mécanismes des aurores ovales sont bien compris, l'origine des aurores theta, observées depuis les années 1980, demeurait obscure. Une étude novatrice, croisant les données de Cluster (ESA) et IMAGE (NASA), apporte enfin une explication.
Cette découverte, publiée dans la revue Science en 2020, porte la signature de chercheurs internationaux, dont Romain Maggiolo de l'Institut royal d'aéronomie spatiale de Belgique (BIRA-IASB).