Les personnes parvenant à s'abstenir d'alcool pendant un mois entier ont de fortes chances de réduire leur consommation six mois plus tard. C'est la conclusion d'une étude menée par des chercheurs de l'Université du Sussex.
Dans le cadre du "Dry January Challenge", des chercheurs de l'Université du Sussex ont challengé 857 adultes britanniques (71 % de femmes) à ne pas consommer d'alcool pendant un mois. L'objectif : évaluer l'impact sur les habitudes de consommation et le bien-être psychologique. Les participants ont rempli des questionnaires détaillés sur leur consommation (quantité, âge du premier verre, contextes comme le stress ou les sorties entre amis), ainsi que des tests mesurant le bien-être et les envies d'alcool. Ces évaluations ont été répétées immédiatement après le mois "sec" et six mois plus tard.
Environ deux tiers des participants ont réussi à s'abstenir totalement, tandis que le tiers restant a consommé occasionnellement, mais en moindre quantité qu'avant. Comparés à ceux qui n'ont pas tenu, les abstinents complets buvaient moins initialement et moins pour des motifs émotionnels, avec de meilleurs scores psychosociaux. Même les buveurs occasionnels ont réduit leur consommation et amélioré leur bien-être. Six mois après, près de 90 % buvaient toujours moins qu'avant, et seuls 11 % rapportaient plus d'épisodes d'ivresse. Les chercheurs concluent à un effet positif durable, même en cas d'abstinence partielle.
Initialement, quatre fois plus de Britanniques s'étaient inscrits au Dry January, mais 75 % ont abandonné en début d'étude, laissant un échantillon hautement motivé. Les abstinents complets consommaient en moyenne 3,78 verres sur 4,78 jours par semaine avant ; les autres, 4,21 verres sur 4,96 jours. L'absence de groupe témoin limite la fiabilité : la consommation baisse naturellement après janvier. Les écarts entre succès et échec restent modestes, et les auto-déclarations via journaux pourraient être biaisées.
Dans cette étude, deux tiers des participants ont tenu un mois sans alcool, les autres réduisant leur consommation. Bien que prometteurs, ces résultats ne prouvent pas un effet causal à long terme en l'absence de contrôles rigoureux.