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Pollution de l'air pendant la grossesse : impacts sur le cerveau et le développement des bébés

L'exposition prénatale à la pollution atmosphérique peut diminuer l'intelligence des bébés et accroître le risque de trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH).

Pollution de l air pendant la grossesse : impacts sur le cerveau et le développement des bébés

Exposition à la pollution de l'air durant la grossesse : réduction de l'intelligence et risque accru de TDAH chez le nouveau-né.

Des chercheurs américains de l'hôpital pour enfants de Los Angeles (Children's Hospital Los Angeles), dirigés par Bradley Peterson, ont suivi 600 enfants new-yorkais sur plusieurs années. Pendant leur grossesse, les mères portaient un sac à dos équipé d'un dispositif mesurant les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) inhalés sur 48 heures. Ces polluants, présents dans les gaz d'échappement des véhicules et la fumée de cigarette, traversent le placenta pour atteindre le cerveau du fœtus.

Les enfants ont été évalués à 3, 5 et 7 ans. Ceux dont les mères avaient été les plus exposées aux HAP montraient un développement plus lent, notamment dans le langage, et présentaient plus souvent anxiété et dépression.

Une IRM cérébrale a été réalisée sur 40 enfants : une exposition élevée aux HAP était associée à une réduction de la matière blanche dans l'hémisphère gauche, zone clé pour la transmission des informations. Ces enfants obtenaient de pires scores aux tests d'intelligence et montraient plus de troubles comportementaux, comme le TDAH et les comportements antisociaux.

La forme de TDAH observée différait des cas classiques, suggérant un sous-type lié à la pollution. Les HAP agiraient indirectement en favorisant l'inflammation via l'oxyde nitrique et des protéines pro-inflammatoires, entraînant la mort cellulaire, et en réduisant la myéline, essentielle à la conduction nerveuse rapide.

"Nos résultats renforcent les préoccupations sur les effets de la pollution atmosphérique sur le développement cérébral, la cognition et le comportement des enfants", déclare Bradley Peterson. Bien que la causalité directe ne soit pas prouvée à 100 %, elle est hautement probable, corroborée par des études animales. Les enfants IRMés étaient peu exposés à d'autres toxines (tabac, plomb, pesticides) et issus de milieux défavorisés afro-américains ou latinos. Une nouvelle étude élargie est en cours pour confirmation.

L'étude est publiée dans la revue JAMA Psychiatry.

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