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Pollution atmosphérique et cancer du sein : un lien chez les femmes préménopausées ?

D'après des études antérieures, notamment épidémiologiques sur le cancer du poumon, la pollution de l'air est reconnue comme cancérogène chez l'humain. Des chercheurs canadiens ont exploré un possible lien entre les nouveaux cas de cancer du sein invasif chez les femmes et leur exposition au NO2 (dioxyde d'azote), évaluée par une augmentation de 10 parties par milliard (ppb) près de leur domicile. Le NO2 est un marqueur fiable de la pollution liée au trafic routier.

Concentrations de NO2

Les chercheurs ont analysé les données de 89 247 femmes participantes à l'étude nationale canadienne sur le dépistage du cancer du sein (1980-1985). Elles ont été réparties en deux groupes : 9 400 femmes âgées de 40 à 52 ans (préménopausées) et 79 426 femmes âgées de 52 à 60 ans (ménopausées). Sur 25 ans de suivi, 646 femmes préménopausées et 5 861 femmes ménopausées ont développé un cancer du sein.

Après ajustement pour les facteurs de risque personnels et autres variables pertinentes, une association a été observée entre l'exposition accrue au NO2 chez les femmes préménopausées et un risque plus élevé de cancer du sein. Aucune association n'a été trouvée chez les femmes ménopausées. Compte tenu du nombre limité d'études préalables, les auteurs estiment prématuré d'établir un lien de causalité.

Particules fines ou suie comme causes potentielles

Roeland Samson, de l'Université d'Anvers, à l'origine de projets comme AIRbezen et Curieuzeneuzen sur la qualité de l'air, n'est pas surpris par ce lien entre pollution atmosphérique et cancer du sein. Il suspecte cependant que l'effet provient davantage des particules fines ou de la suie émises simultanément que du NO2 lui-même. Ce gaz reste un bon indicateur de pollution trafic, mais non nécessairement la cause directe.

L'épidémiologiste environnemental Tim Nawrot, de l'Université de Hasselt, note le faible nombre d'études sur le NO2 et le cancer du sein. Il rappelle néanmoins que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) classe la pollution atmosphérique comme cancérogène. Il codirige actuellement une recherche sur la pollution et les changements précoces du tissu mammaire, avec Chantal Van Ongeval (UZ Leuven), Magda Vandeloo (KULeuven et Uhasselt). Les résultats sont en attente.

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