Le dépistage du cancer du sein chez les hommes à haut risque permet un diagnostic plus précoce et peut sauver des vies.
Le cancer du sein est beaucoup moins fréquent chez les hommes que chez les femmes. Alors qu'une femme sur 9 développera un cancer du sein au cours de sa vie, environ 100 hommes en Belgique sont diagnostiqués chaque année. Cependant, cette maladie est plus mortelle chez les hommes : environ 90 % des femmes survivent, contre seulement 80 % des hommes.
L'une des raisons de ce pronostic plus sombre est que les tumeurs chez l'homme sont souvent détectées à un stade avancé, avec des symptômes visibles. Chez les femmes, le dépistage systématique a permis de détecter les tumeurs plus tôt et d'améliorer grandement les taux de survie. À ce jour, aucune recommandation officielle n'existe pour le dépistage chez les hommes à haut risque.
Selon des chercheurs de l'Université de New York, un dépistage ciblé chez ces hommes pourrait détecter les tumeurs précocement et augmenter les chances de survie. Ce groupe à haut risque inclut les hommes ayant déjà eu un cancer du sein, ainsi que ceux dont un parent au premier degré (homme ou femme) a été touché.

Pour étayer cette hypothèse, les chercheurs ont analysé 1 869 hommes ayant subi une mammographie sur un an. Au total, 2 304 lésions mammaires ont été identifiées, 149 ont fait l'objet d'une biopsie, et 41 s'avéraient malignes. Cela représente 18 cancers pour 1 000 mammographies, un taux bien supérieur aux 3 à 5 pour 1 000 chez les femmes à risque moyen.
Les tumeurs étaient détectées avant propagation aux ganglions lymphatiques, améliorant nettement le pronostic. De plus, les mammographies chez les hommes étaient plus souvent concluantes que chez les femmes, probablement en raison d'un moindre tissu glandulaire masquant les anomalies.
Les chercheurs concluent qu'un dépistage chez les hommes à haut risque permet un diagnostic précoce, avant l'apparition de symptômes, et se justifie pleinement.