Les enfants exposés in utero à une forte pollution atmosphérique présentent une fonction pulmonaire altérée, selon une étude espagnole rigoureuse.

Exposition prénatale à la pollution : des effets sur la santé pulmonaire des enfants.
L'exposition à la pollution de l'air durant le deuxième trimestre de grossesse accroît le risque de dommages pulmonaires chez le fœtus. Des chercheurs espagnols ont analysé cette relation chez plus de 600 femmes enceintes et leurs enfants.
Les participantes, résidant dans diverses régions d'Espagne, ont été suivies dès le début de leur grossesse. Les scientifiques ont évalué leur exposition au dioxyde d'azote (NO2, principalement issu du trafic routier) et au benzène (trafic et industrie).
À 4,5 ans, la fonction pulmonaire des enfants a été testée via le volume expiratoire maximal par seconde (FEV1). Ce paramètre s'avère réduit chez ceux dont les mères ont été exposées à la pollution au deuxième trimestre.
Dans les zones à forts niveaux de benzène, les enfants affichent un risque 22 % plus élevé de fonction pulmonaire diminuée. Pour le NO2, ce risque grimpe à 30 %. Une fonction pulmonaire altérée précocement favorise des pathologies comme l'asthme ou la bronchite chronique, soulignent les experts.
Pas de panique inutile
Dans les zones les plus polluées, l'exposition moyenne au NO2 atteignait 25 microgrammes par mètre cube. « C'est un niveau similaire à celui subissant 40 % de la population flamande », précise Tim Nawrot, du Centre des sciences de l'environnement (UHasselt). « Inférieur au seuil OMS de 40 µg/m³, il n'en demeure pas moins associé à des effets néfastes. »
Cette étude, loin d'être alarmiste, démontre que les impacts de la pollution atmosphérique interviennent tôt dans la vie, et non seulement à long terme comme admis auparavant. (ddc)